Espagne: le nouveau gouvernement conservateur prend les rênes d’un pays en crise

Espagne: le nouveau gouvernement conservateur prend les rênes d’un pays en crise

132
0
PARTAGER

Un à un, les treize ministres ont prêté serment devant le roi Juan Carlos, comme l’avait fait la veille le nouveau chef de l’exécutif, Mariano Rajoy.

Le ministre des Finances, Luis de Guindos, 51 ans, aura la lourde tâche d’allier rigueur et travail de réformes, alors que l’Espagne retombera probablement en récession début 2012 et souffre d’un taux de chômage record.

Ce dernier s’est toutefois voulu rassurant lors de la passation de pouvoir en présence de son prédécesseur, la ministre socialiste Elena Salgado, jeudi à Madrid.

« Nous vivons des temps difficiles: nous affrontons une crise multiple, internationale, financière avec l’euro et en Espagne », a-t-il souligné en insistant sur les problèmes particuliers du pays: « le pire, le marché du travail, le secteur financier, la compétitivité. »

« Je suis convaincu qu’avec l’effort de tous et la politique économique adéquate, l’Espagne » retrouvera « une croissance suffisante pour créer de l’emploi, le premier objectif du gouvernement », a-t-il affirmé.

Particulièrement attendue par des marchés inquiets face à la situation de l’Espagne, la nomination de Luis de Guindos est également symbolique, puisqu’il avait présidé la banque Lehman Brothers, pour la zone Espagne et Portugal, de 2006 à 2008, date de sa faillite.

Il avait également été secrétaire d’Etat à l’Economie de 2002 à 2004.

Son expérience à la tête de la banque américaine peut nuire à sa « crédibilité », soulignent les analystes du centre d’étude sur la gouvernance publique de l’école de commerce espagnole IESE.

Mais il compte également sur une « grande expérience de gouvernement », nuancent-ils.

La présence de Luis de Guindos, un technocrate selon le quotidien de centre gauche El Pais, se distingue dans « un gouvernement d’amis et de fidèles » de Mariano Rajoy, analyse ce journal.

Avec lui, le nouveau ministre du Trésor et des Administrations publiques Cristobal Montoro, 61 ans, sera chargé de redresser la barre de l’économie espagnole.

Il « sera chargé de couper dans les dépenses publiques, une tâche ingrate et difficile », affirme le quotidien de centre-droit El Mundo, soulignant l' »expérience » de ce nouveau ministre.

Le conseil des ministres doit adopter des mesures économiques d’urgence le 30 décembre.

M. Rajoy a déjà annoncé de nouvelles réductions budgétaires pour 2012 dans le secteur public, de 16,5 milliards d’euros au moins, pour tenter de contenir le déficit du pays.

Ce dernier s’est engagé à respecter l’engagement de l’Espagne pris auprès de ses partenaires européens par l’ancien gouvernement et visant à ramener le déficit à 4,4% du PIB en 2012 (contre 9,3% en 2010), puis à 3%, la limite fixée par l’UE, dès 2013.

L’objectif est fixé à 6% pour cette année.

La présence du nouveau ministre des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo, 67 ans, vient aussi renforcer le profil économique du gouvernement de Mariano Rajoy.

Député européen depuis 1994, cet avocat et ancien inspecteur des Finances occupait avant sa nomination la vice-présidence de la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement à Strasbourg.

Seules quatre femmes ont été nommées ministres. L’une d’entre elles, Soraya Saenz de Santamaria, la plus jeune du cabinet à 40 ans, occupera les fonctions stratégiques de numéro deux et porte-parole du gouvernement.

Un mois seulement après avoir accouché de son premier enfant, cette proche alliée de Mariano Rajoy sera chargée de coordonner la lourde tâche des nouveaux ministres.

 

AFP________________

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

 

Commentaires