Espionnage: Renault voulait être sûr

Espionnage: Renault voulait être sûr

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« Il fallait faire nous-mêmes des premières recherches pour nous forger une opinion sur la gravité de l’affaire », a souligné le patron de Renault, qui a lancé cette enquête interne en août 2010, mais n’a prévenu les autorités que début janvier 2011. « Renault a des procédures très précises pour ce genre d’affaires. J’ai décidé que les processus habituels devaient être utilisés », a-t-il insisté, se disant « surpris et choqué », et ajoutant que « compte tenu de la gravité de la situation, il ne fallait ni se hâter, ni ralentir les choses ».

Se refusant à confirmer que Renault a employé des détectives privés, M. Ghosn, qui dit avoir « suivi personnellement l’avancement de ce processus au fur et à mesure », est formel: « Nous avons été irréprochables par rapport à la loi ». « Nous sommes arrivés à la conclusion que ce qui est sorti ne correspond pas à des informations technologiques. Il pourrait s’agir d’informations sur notre modèle économique. (…) Ce qui est visé, c’est notre stratégie dans la voiture électrique », Renault étant le seul constructeur à fabriquer à la fois la batterie, les moteurs et les chargeurs, a-t-il indiqué au JDD.

Quant au destinataire de ces informations, « je n’ai pas de conviction sur ce point », a-t-il noté.  « Nous attendons les résultats de l’enquête dont on me dit qu’elle devrait durer plusieurs mois », a-t-il dit, alors son groupe et le contre-espionnage –désormais chargé de l’affaire– privilégieraient une « piste chinoise », selon la presse et les spécialistes de l’intelligence économique.

« Je n’ai pas à polémiquer ou à prendre position. Je ne me préoccupe que de la sauvegarde des intérêts de Renault », a insisté Carlos Ghosn. Renault a déclenché en août 2010 une enquête interne après l’envoi d’une lettre anonyme.

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