Etats-Unis: les républicains déjà divisés par leurs promesses de campagne

Etats-Unis: les républicains déjà divisés par leurs promesses de campagne

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Deux semaines après avoir pris le contrôle de la Chambre des représentants, les républicains affichent leurs premières divisions internes.

 

Les conservateurs, qui ont remporté la majorité à la Chambre aux élections de novembre 2010, ont fait campagne sur la réduction du déficit et de la dette du pays, qui atteignent des niveaux abyssaux. Beaucoup de nouveaux élus ont remporté leur siège avec le soutien de la mouvance ultra-conservatrice du « Tea Party », qui ne jure que par la réduction des dépenses.

Les républicains avaient promis une réduction des dépenses de 100 milliards de dollars sur un an. Mais l’exercice budgétaire 2011 étant déjà bien engagé, la nouvelle direction républicaine a dû revoir ses ambitions à la baisse: Paul Ryan, nouveau président de la commission du Budget, juge plus réaliste de tabler sur quelque 60 milliards pour le reste de l’exercice qui se termine en octobre.

Mais jeudi, un groupe d’élus conservateurs, le Comité républicain d’études (RSC), est revenu à la charge avec un nouveau plan drastique de réduction des dépenses. « La promesse, les 100 milliards, c’était juste un début. (…) Nous voulons plus. Nous allons chercher des moyens de tailler davantage dans le déficit et la dette », a affirmé le représentant Mick Mulvaney.

Dans son plan, le RSC cible une réduction des dépenses de 2.500 milliards de dollars sur 10 ans et vise à faire redescendre les dépenses fédérales, hors dépenses militaires, au niveau de 2006.

La proposition du RSC n’a, à ce jour, pas le soutien des chefs républicains et ne peut donc pas être soumise à un vote. Michael Steel, porte-parole du président de la Chambre, John Boehner, a toutefois répété dans un courriel que la priorité des républicains était de réduire les dépenses.
Le RSC, qui représente plus des deux tiers des républicains de la Chambre, propose des coupes claires dans des domaines aussi divers que l’aide économique à l’Egypte, à la compagnie ferroviaire Amtrak ou à la ville de Washington.

La dette américaine de 14.000 milliards de dollars devrait bientôt atteindre le plafond autorisé par le Congrès (14.250 milliards). Les élus devront donc se prononcer sur un relèvement de ce plafond, mais là encore certains « ultras » se disent prêts à bloquer cette mesure, quitte à mettre le pays en défaut de paiement.

Preuve de l’importance que la nouvelle majorité veut donner à la question des dépenses, c’est Paul Ryan qui répondra mardi soir au discours sur l’Etat de l’Union du président Obama au nom des républicains.
Et, signe supplémentaire de division venant de l’aile droite, la présidente du groupe « Tea Party » de la Chambre, Michele Bachmann, devrait prononcer un discours de réponse à M. Obama, concurrent de celui de M. Ryan.

La majorité républicaine devrait soumettre au vote la semaine prochaine une résolution pour ramener au niveau de 2008 les dépenses non liées à la défense et à la sécurité intérieure. Symboliquement, ce vote devrait avoir lieu quelques heures avant que M. Obama ne prenne la parole pour son discours sur l’Etat de l’Union.

De son côté, l’administration doit présenter en février son projet de budget pour l’exercice 2012. M. Obama a affirmé à de nombreuses reprises qu’il allait réduire le déficit, mais qu’il comptait le faire en favorisant la croissance économique.

AFP

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