Exposition de l’artiste peintre Fatime Zahra Morjani : KAIROS, quand l’Homme détruit...

Exposition de l’artiste peintre Fatime Zahra Morjani : KAIROS, quand l’Homme détruit son milieu

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Kairos est une invitation, celle de partager, le temps d’une
exposition, ce qui interpelle et anime l’artiste Fatime Rahra Marjani.

Il ne s’agit pas tant d’un appel ou d’une volonté de prise de
conscience qu’un constat : l’homme détruit son milieu. Dans ses œuvres abstraites, où l’émotion est reine, les textures, les matériaux, les contrastes, le choix des couleurs – voire l’absence de couleurs, le geste enfin, tout concourt à faire ressentir un sentiment d’urgence, d’inéluctabilité. Nous sommes témoins bientôt impuissants d’événements d’ordre tellurique, planétaires ; les forces qui sont en jeux dépassent désormais la simple échelle humaine.

La trace, ce qui reste de l’Homme, est la melhfa, morceau unique de tissu, réminiscence de l’himation grec, qui devient un possible
suaire. Le pétrole se fait outil formel et pictural de cette
dévastation, car il est lui-même lointain souvenir d’espèces révolues, et s’il a une leçon, un conseil à nous donner, c’est que ce n’est pas la nature qui a besoin de l’homme, mais bien l’homme qui a besoin de la nature.

Le Kairos, ce moment où tout bascule, est ici le moment opportun où l’Homme doit agir pour sauver son environnement avant de sombrer dans le néant. Mais si la menace est réelle, l’espoir toujours subsiste : au fil des toiles l’on trouve ici du blanc, parfois des touches d’or, une lueur au bout d’un tunnel ou encore une rencontre aussi inattendue que salvatrice. Ces lumières, ces balises subtiles font appel à ce qu’il y a de meilleur en chacun de nous : le courage d’aimer.

Plasticienne par vocation et passion, architecte de formation Fatima Zahra Morjani est née à Casablanca en 1971. Après plusieurs années de recherches plastiques, elle expose pour la première fois en 2010 à Varsovie, en Pologne. Cette citoyenne du monde, curieuse de nature, aime par dessus tout découvrir l’ailleurs.

Et c’est un ailleurs crevé qui s’est offert à elle : Sa créativité
s’est ainsi fortement nourrie du paradoxe de la rigueur de l’hiver
polonais, adouci par la douceur toute slave de ses habitants, ainsi
que par la fierté hiératique des Ethiopiens, héritiers d’une
civilisation plurimillénaire. Parce que l’ailleurs est parfois d’ici,
c’est dans nos provinces du Sud que l’artiste a puisé son inspiration.

La richesse de la culture beïdane et berbère, la vibrance des couleurs et la diversité des paysages ont formé un terreau fertile, propice à la création.

C’est son amour de l’art et de l’humain, doublé de se profond
engagement en faveur de la cause environnementale, qui lui ont permis de s’imprégner de ces cultures et de ces reliefs, si différents, dont les influences s’harmonisent dans ses toiles.
L’exposition se poursuit jusqu’à fin mars au Café La Galerie au
Sofitel Jardin des Roses de Rabat.

« L’art est un anti-destin »
André Malraux. Les voix du silence (1951),                              Monnaie de l’Absolu, Ed. Gallimord.

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