Exposition de tableaux d' »exception » de Majorelle à Marrakech pour tester le marché...

Exposition de tableaux d' »exception » de Majorelle à Marrakech pour tester le marché de l’art au Maroc (commissaire priseur)

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Propos recueillis par Amal Tazi.

L’exposition intervient en prélude à la séance proprement dite de mise aux enchères de ces tableaux « uniques » le 9 juin à Paris, dans le cadre d’une vente axée sur « l’orientalisme « .

A Marrakech, le public et les potentiels acheteurs découvriront en particulier la « Kasbah rouge de Marrakech » de Majorelle, jamais exposée depuis 1924. A Paris, son prix de vente démarrera à 600 mille euros.

L’opération est destinée à tester les collectionneurs marocains, « très nombreux à s’intéresser non seulement à l’orientalisme mais aussi à l’art moderne et contemporain », en leur montrant « des oeuvres de leur patrimoine, sur le Maroc et son histoire », a-t-il confié à la MAP.

Actuellement, il y a un marché « assez fort », selon lui, sur Majorelle (1886 -1962), avec une clientèle internationale qui s’intéresse de plus en plus à ses oeuvres inspirées de la Cité ocre où il s’installe en 1919 et y acquiert un terrain qui allait devenir par la suite le jardin Majorelle.

Le jardin, ouvert au public dès 1947, regroupe l’une des plus importantes collections de plantes de son époque et abrite aujourd’hui la magnifique collection d’art Islamique de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent, le célèbre couturier français qui a choisi ce cadre pour ultime demeure.

« Il faut dire qu’on est bien servi pour cette exposition puisqu’on a pu réunir six tableaux rares de Majorelle, dont la fameuse +Kasbah rouge de Marrakech+, choisie pour illustrer en 1926 la couverture du guide touristique de Marrakech et qui de ce fait occupe une place toute particulière dans le coeur et l’imaginaire des Marocains », a indiqué M. Tajan.

Ce tableau, qui constituera la pièce maîtresse de la vente, a été exposé une seule fois depuis 1924 et « n’a jamais depuis quitté la famille de l’artiste », a-t-il précisé.

Pour cet expert des ventes aux enchères, il est très difficile de réunir pour la même vente des oeuvres de Majorelle, car en général elles sont conservées dans le cercle restreint de la famille et des amis proches de l’artiste, et « s’ils acceptent à s’en séparer c’est à contre coeur, parce qu’ils auraient besoin d’argent ».

Les toiles objet de l’exposition seront mises aux enchères à partir de 60.000 euros pour la moins chère et à 600.000 euros, pour la plus prestigieuse, la « Kasbah rouge de Marrakech ».

« J’aimerai qu’on réalise une vente comme ça une fois par an, mais je ne suis pas sûr qu’on puisse le faire, parce qu’il n’y a pas tant de tableaux de cette qualité sur le marché, et pour avoir réussi à les réunir pour une seule vente, il fallait venir les montrer à Marrakech », a-t-il dit.

Pour l’authentification de ces oeuvres, Artcurial s’est offert les services de deux grands experts: Olivier Berman, spécialiste de tableaux orientalistes, et Félix Marcilhac, historien d’art spécialiste de Jacques Majorelle.

Sur la « Kasbah rouge de Marrakech », il écrit que « dans cette grande composition de 1924, par un simple jeu de petites surfaces de couleurs posées en aplat en mosaïque, Jaques Majorelle parvient habilement à traduire la plénitude de son sujet en traitant subtilement la transparence et la pureté de l’air, la diversité des couleurs ramenées à une gamme d’ocre rouge et de brun et son envoutement du paysage et de la foule avec des moyens tellement simplifiés et naturels qu’on en viendrait presque à entendre les bruits et à sentir les odeurs ».

Pour Olivier Berman, c’est le tableau où Majorelle développait son nouveau style des Casbah de l’Atlas, recueil de trente planches qu’il a édité.

Parmi les tableaux exposés, on trouve d’ailleurs une série de casbahs peintes par l’artiste, a-t-il indiqué à la MAP.

La collection comprend également « un des plus beaux exemples » du travail de Majorelle concernant le portrait, « Fatima ou la méditation », une toile de grande taille illustrant sa technique des inclusions d’oxyde d’or et d’argent.

Aux côtés des oeuvres de Jacques Majorelle, d’autres « tableaux orientalistes » seront exposés à Marrakech (Es Saadi Gardens & Resort), en amont de leur vente aux enchères à Paris.

Dans la section réservée à « Jacques Majorelle et ses contemporains », le visiteur pourra apprécier des oeuvres de José Cruz Herrera, Edy Legrand, Jean-Gaston Mantel et Henri Rousseau.

L’autre temps fort de l’exposition propose un panorama du monde arabe, du Maroc à l’Egypte, avec des tableaux d’autres artistes de renom tels que Etienne Dinet, Félix Ziem, Georges Washington, Alfred Chataud ou Alexandre Roubtzoff.

« C’est assez étonnant de voir l’ensemble de ces peintres qui venaient au début du 20-ème siècle d’un peu partout en Europe pour se retrouver au Maroc, où ils découvrent la lumière et la couleur. Chacun a son style, mais ils se côtoyaient tous », a expliqué Berman.

Et en ce début du XXI ème siècle, « c’est une aventure extraordinaire, d’avoir la chance de pouvoir ramener ces tableaux là ont été peints », conclut-il.

 

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