Face à la grogne populaire, le Roi de Jordanie tente d’apaiser la...

Face à la grogne populaire, le Roi de Jordanie tente d’apaiser la rue

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Abdallah II a entamé une série de consultations avec d’anciens dirigeants, des militants, des syndicalistes et des islamistes, « pour écouter les doléances des Jordaniens et se mettre au diapason de la rue », a indiqué dimanche à l’AFP un membre de son entourage.

Les consultations du roi avec les différentes tendances politiques dans son pays, « pour se rapprocher des revendications du peuple, » interviennent après une série de manifestations ces dernières semaines, alors qu’une nouvelle mobilisation est prévue vendredi.

Le mouvement a démarré spontanément il y a deux semaines lorsque des Jordaniens, sans affiliation politique particulière, ont voulu exprimer un ras-le-bol devant la hausse des prix et leurs difficultés quotidiennes.

L’opposition, notamment le puissant Front de l’action islamique (FAI), soutenu par les syndicats professionnels et les partis de gauche, a pris le relais de la contestation, organisant des manifestations et des sit-ins pour réclamer notamment la démission du gouvernement.

« Le Roi n’est pas dupe. Il sait qu’en demandant la démission du Premier ministre, le peuple conteste en fait sa gestion du pays, puisque c’est lui qui nomme et renvoie le Premier ministre », a déclaré à l’AFP un ancien ministre qui a requis l’anonymat.
« Pour la première fois, les tribus, épine dorsale du régime, l’opposition et les groupuscules sociaux sont sur la même longueur d’ondes, et veulent le changement », a-t-il ajouté.
Le FAI, principal parti d’opposition, a réclamé un « amendement de la constitution » pour limiter les pouvoirs du roi.
« Nous demandons que le chef de la majorité au Parlement devienne de facto Premier ministre, ou que le chef de l’exécutif soit élu directement par le peuple », avait affirmé mardi à l’AFP Zaki ben Rsheid, membre exécutif du FAI.
La Constitution jordanienne, adoptée en 1952, donne au roi la prérogative exclusive de nommer ou limoger le Premier ministre de son choix.
« Nous poursuivrons notre mouvement jusqu’à l’obtention de nos revendications », a renchérit dimanche le secrétaire général du FAI, Hamzeh Mansour.
« La crise économique aiguë et la crise sociale au bord de l’explosion, sont le résultat d’une crise politique qui nécessite des réformes politiques immédiates », a-t-il dit à l’AFP.
« Le gouvernement actuel qui a perdu toute crédibilité ne peut pas mener de telles réformes, c’est pourquoi nous voulons un gouvernement intérimaire qui inspire confiance au peuple », a-t-il ajouté.
Pour le FAI, ce gouvernement transitoire devra superviser « un amendement de la loi électorale » dénoncée par les islamistes qui se considèrent lésés par son système uninominal, et « organiser de nouvelles élections législatives ».

Les islamistes ont boycotté les élections législatives en novembre, permettant au gouvernement de garder la main mise sur le Parlement.
« Il ne fait pas de doute que les intentions des islamistes est de profiter de cette grogne sociale pour parvenir à diriger l’exécutif dans le pays, un vieux plan qu’ils remettent sur la sellette en temps de crise », selon l’ancien ministre.

Face à la grogne, le gouvernement a pris en janvier deux séries de mesures sociales, dont l’augmentation des traitements des fonctionnaires et des retraités de 28 dollars par mois, le gel ou la baisse de certains prix ou encore des créations d’emploi.

Par ailleurs le roi a effectué « des visites discrètes dans les zones les plus démunies du royaume, pour évaluer leurs besoins », a indiqué son entourage.

AFP

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