Face à un chômage galopant, l’Espagne veut assouplir son marché du travail

Face à un chômage galopant, l’Espagne veut assouplir son marché du travail

167
0
PARTAGER

« L’objectif est d’arrêter l’hémorragie du chômage », a expliqué la ministre de l’Emploi Fatima Banez à l’issue du Conseil des ministres.

« C’est la troisième réforme structurelle importante du gouvernement et c’est une réforme que l’on peut considérer comme historique », a-t-elle souligné.

Après la réforme budgétaire, pour parvenir à un déficit zéro en 2020, après celle du secteur bancaire, pour le nettoyer de ses mauvais actifs immobiliers, le gouvernement conservateur, qui a pris ses fonctions fin décembre, s’attaque à l’autre point faible de l’économie espagnole: le chômage, qui touchait 22,85% de la population active fin 2011.

Un taux trois fois plus élevé qu’en 2007, quand il avait chuté à son plancher historique de 7,95%, grâce à la bulle immobilière.

La précédente équipe socialiste avait adopté, en juillet 2010, une première réforme du travail, introduisant déjà une réduction des indemnités de licenciement, qui passaient à 33 jours de salaire par année travaillée, voire 20 en cas de licenciement économique.

Mais ce nouveau type de contrat avait été peu utilisé et le contrat traditionnel, incluant 45 jours d’indemnité, restait la norme. Il est cette fois supprimé dans la nouvelle réforme, qui s’appliquera à tous les salariés.

L’objectif est « que soient embauchés de nouveaux travailleurs dans notre pays, avec une attention spéciale envers les jeunes et les chômeurs de longue durée », a précisé la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, alors que 48,6% des moins de 25 ans sont sans emploi.

Les entreprises bénéficieront ainsi d’une déduction fiscale de 3.000 euros pour leur première embauche d’un jeune de moins de 30 ans, tandis que le chômeur trouvant un travail pourra combiner 25% de sa prestation chômage avec son salaire pendant un an.

Les entreprises de travail temporaire serviront quant à elle d’agences privées pour l’emploi et la formation des travailleurs au sein même de leur entreprise sera facilitée.

La Banque d’Espagne, l’UE et le FMI, qui s’inquiètent de ce chômage galopant, pressaient ces derniers temps l’Espagne de réformer au plus vite son marché du travail, jugé trop rigide.

En réalité, estime Rafael Domenech, analyste à l’institut BBVA Research, « ce que nous devons corriger c’est la très forte dualité du marché, avec une partie très rigide », les employés en contrat fixe, qui ont une négociation collective difficile à modifier et des indemnités de licenciement élevées, « et une autre partie très flexible, à 180 degrés de la première », les employés temporaires, très peu protégés, donc en situation précaire.

Il faut « rendre plus flexible la négociation collective et essayer de rapprocher le coût de licenciement entre les travailleurs permanents et temporaires », renchérit Raul Ramos, professeur à l’université de Barcelone.

En amont, syndicats et patronat ont déjà noué un accord de modération salariale pour 2012-2014, limitant la hausse à 0,5% en 2012, puis 0,6% en 2013 et 2014.

« Cette réforme va me coûter une grève générale », confiait récemment le chef du gouvernement Mariano Rajoy, surpris par un micro à Bruxelles.

Les syndicats, en effet, sont déjà remontés: face à une vague de rigueur sans précédent dans l’ensemble des régions espagnoles, la grogne sociale ne cesse de s’amplifier, avec une grande manifestation presque chaque semaine.

Des dizaines de milliers de fonctionnaires ont encore défilé mardi à Madrid, et un nouveau rassemblement est convoqué vendredi soir.

Le gouvernement a prévu de présenter la réforme aux syndicats lundi.

 

AFP_______________

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

 

Commentaires