Fanida Mkinsi expose dans ses oeuvres sa présence sensible au monde

Fanida Mkinsi expose dans ses oeuvres sa présence sensible au monde

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Par Roukane EL GHISSASSI

« Cette lumière, je ne fais rien pour la provoquer », dit-elle le plus naturellement du monde. Elle apparaît spontanément dans ses oeuvres, plus d’une vingtaine, qu’elle expose au Royal Golf Dar Es-salam.

Fanida n’a commencé à peindre qu’ à l’âge de 40 ans, poussée en cela par une émission qu’elle avait suivie sur la chaîne de télévision 2M, animée par Nancy Kominsky, comme elle l’a rappelé dans une déclaration à la MAP. Depuis, elle s’est mise à reprendre chaque thème jusqu’à ce qu’elle soit arrivée à avoir son propre style et à s’affirmer en tant que peintre impressionniste dans son pays.

Les critiques d’art qui ont vu « de la force en mouvement » dans son geste de peindre, n’ont pas eu tort également d’y relever qu’il n’y a pas d' »hésitation ».

Cette affirmation et cette énergie, dit-elle, elle les puise dans le Maroc qui demeure pour elle « la source fondamentale des thématiques de ses oeuvres ».

« Je peints le Maroc comme il le mérite et comme je le vois et le ressens. Je le vois beau, dans ses paysages et cieux lumineux et il m’ a donnée cette passion de la peinture qui n’a pas de prix », a-t-elle tenu à souligner.

Ainsi, cette nouvelle lubie à laquelle elle s’adonne est la seule en mesure de la rendre « heureuse ». Il suffit à Fanida d’être à l’écoute de l’univers comme le ferait un interprète-musicien et regarder de près la nature de son pays, à travers les chuchotements de la forêt, les grondements de la montagne et le murmure de la mer pour s’apercevoir que cet éclat de lumière est là, présent, visible et presque palpable sur quasiment toutes ses toiles.

Quiconque peut remarquer que chaque détail de cette flore a été bien médité, et mis en relief par l’artiste – à travers notamment sa technique du couteau- avant de faire l’objet d’une quelconque représentation picturale.

Fanida observe et, pourrait-on dire, sonde son environnement immédiat pour pouvoir l’imprégner de cette atmosphère qui lui sied.

Des barques prenant du répit, flottant dans l’eau, des couchers de soleil sur un champ de fleurs parées de mille couleurs, des arbustes d’une grande finesse s’élancent librement, les tiges perlées dans le ciel, des couchers de lumière de tout repos, lorsque d’autres sont foudroyants au loin (le repos des barques), des casbahs peintes ombrées de différentes régions du sud du Maroc, passant d’Agdaz à Toundout, en s’arrêtant sur celle de l’oasis, ou encore à celle de la vallée de l’Ourika, sont autant de thèmes que traduisent avec force du mouvement ses tableaux et qui témoignent de la présence sensible de cette artiste-peintre au monde.

Et cette vague qui se présente au public, colorée de vert clair, sous forme tourbillonnante, semble surgir non pas des tréfonds de la mer mais venir de loin, comme si c’était une montagne qui a accouché de sa force fulgurante, est là également pour évoquer l’imagination très particulière de cette peintre qui peut donner au départ l’impression de s’être laissée transportée dans sa gestuelle énergique par des images de la nature toutes belles mais qui sont au total traversées par toutes sortes d’appréhension.

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