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Festival de films de femmes : Le public turc découvre le cinéma marocain

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— Par Mahammed Réda BRAIM —

Lors du débat, qui a suivi la projection, les spectateurs, qui ont fait le déplacement pour visionner l’Âœuvre de la cinéaste marocaine, n’ont pas caché leur enchantement et leur intérêt pour le cinéma marocain, qu’ils découvrent pour la première fois pour la plupart d’entre-eux.

Farida Belyazid participe à Festival internationale, qui a retenu cette année pour thème : « Nous sommes égaux, mai qu’en est-il dans la réalité ? », par trois de ses meilleures productions, « Keid Ensa », « Casablanca Casablanca » et « Juanita de Tanger ».

La réalisatrice marocaine, elle aussi, découvre pour la première fois le public turc, qui était très sensible à son Âœuvre, un film d’auteur réalisé dans le cadre d’une coproduction avec l’Espagne.

« Mon premier contact avec le public turc était plutôt intéressant. J’ai été assez surprise parce qu’il était très sensible au film (Juanita de Tanger) », a tenu à préciser Mme Belyazid dans un entretien avec MAP-Istanbul.

La cinéaste marocaine, qui en est à son premier festival turc, a exprimé son intérêt pour la Turquie, « un pays d’une grande richesse culturelle, dont on devrait s’inspirer ».

Elle a hautement salué le choix des trois films par « Filmmor Women’s Cooperative », l’organisation à l’initiative du Festival international de films de femmes. « Je pense que c’est un bon échantillonnage de mon travail », a-t-elle dit.

Farida Belyazid, une grande militante féministe au Maroc, a indiqué que l’idée d’un festival cinématographique sur la thématique de la femme lui tient à cÂœur, ajoutant qu’elle a accepté d’y participer et pour le cinéma et pour la cause des femmes.

« Je participe à ce Festival pour le cinéma et pour la femme. Je pars du principe que je suis une femme et mon imaginaire est un imaginaire de femme, j’exprime donc ce que je ressens, je ne fais pas du cinéma pour faire du cinéma », a-t-elle précisé.

Mme Belyazid a indiqué que ce genre de festivals et les activités à caractère culturel en général sont de nature à contribuer amplement au renforcement de la connaissance mutuelle entre le Maroc et la Turquie.

« Quand on ne se connaît pas, on est dans le rejet et dans la peur, alors qu’il y a beaucoup de choses qui pourraient nous relier », a-t-elle souligné avant de préciser que la Turquie et le Maroc sont deux pays « assez proches ».

La Turquie est un pays musulman mais en même temps très occidental, tout comme le Maroc, un pays aussi musulman, mais assez occidentalisé par rapport aux autres pays arabes, a-t-elle fait remarquer.

Abordant la situation du cinéma au Maroc, Mme Belyazid a indiqué que le cinéma marocain connaît « une très bonne évolution », avec notamment l’émergence d’une génération de jeunes cinéastes, qui portent sur leurs épaules l’avenir du secteur avec le soutien du Centre Cinématographique Marocain (CCM).

Elle a fait part également des difficultés du secteur, citant essentiellement dans ce cadre le problème de la fréquentation des salles de cinéma, un phénomène universel qu’il faut résoudre dans la concertation tout en s’inspirant des expériences d’autres pays, comme la France qui a su surmonter cette problématique avec la politique des multiplexes.

« Il faut repenser la présentation du cinéma » dans un monde où les ordinateurs et les DVD ont pris une place très importante dans la vie des jeunes, qui ne veulent plus se déplacer dans les salles pour voir les films, a estimé Mme Belyazid, ajoutant qu’il faut donc créer l’événement autour de la présentation du film pour attirer les jeunes.

« C’est une évolution des choses qu’il faut accepter, mais il faut surtout s’y adapter », a-t-elle noté, rappelant que cette question d’adaptation préoccupe actuellement toute la profession.

Le public turc a rendez-vous tout au long de la semaine en cours avec les films de Farida Belyazid, qui seront tous projetés à Istanbul, principale étape de ce Festival international itinérant, qui se déplacera également dans les villes turques de Van (du 26 au 27 mars), Antalya (2 et 3 avril) et Trabzone (9 et 10 avril).

Une soixantaine de productions cinématographiques réalisées par 88 cinéastes femmes représentant 25 pays seront projetées lors de la 9-ème édition du Festival turc de films de femmes, qui se poursuivra jusqu’au 10 avril prochain.

Organisé par « Filmmor Women’s Cooperative », le Festival de films de femmes a été créé en 2003 avec pour ambition d’encourager les femmes dans le monde à la production et à la réalisation d’Âœuvres cinématographiques, de soutenir et de présenter ces productions et de susciter des débats sur la place des femmes dans la société.

Divers ateliers, rencontres et séminaires sont au programme de la 9-ème édition du Filmmor Women’s Film Festival qui propose cette année cinq thèmes différents : « Cinéma des femmes », « Moyen-Orient par les femmes », « un portefeuille à soi », « sexualités » et « la question de la maternité ».

 

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