Festival Mawazine, Rythmes du Monde: Emotion et création à l’honneur de cette...

Festival Mawazine, Rythmes du Monde: Emotion et création à l’honneur de cette 3ème journée

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D’El Menzeh en passant par OLM Souissi, Bouregreg, Nahda ou encore la Plage de Salé… toutes les scènes ont été prises d’assaut par une foule de festivaliers dans un esprit marqué par le civisme, la tolérance, la passion de l’art et la diversité culturelle. Une diversité culturelle que l’on remarquait d’abord au niveau du public, venant du Maroc entier, mais également d’autres pays tels que la France, l’Espagne et même la Grande Bretagne. Signe que l’aura de Mawazine a dépassé les frontières. Une aubaine pour la capitale qui en récolte les bénéfices tant en termes d’images que de croissance économique.
De l’art, il en a été question durant cette troisième journée, du grand art même avec deux concerts qui marqueront l’existence de Mawazine.

D’abord une création grandiose à l’initiative de Maroc Cultures : le mythique groupe marocain Nass El Ghiwane accompagné par la virtuose Saida Fikri et le guitariste Victor Wooten le tout dans des arrangements réalisés par le grand Saffy Boutella et exécuté par un excellent orchestre. C’est dire que tous les ingrédients artistiques étaient réunis pour faire de ce travail un pur chef d’œuvre.

D’ores et déjà à la conférence de presse donnée par les différents protagonistes, l’émotion était palpable. Des paroles, des gestes, des regards…que ce soit Omar Sayed, Saffy Boutella, Saida Fikri ou encore Victor Wooten, tout le monde était fier du travail accompli pendant ces derniers mois. Une complicité unissait ce groupe empreinte de beaux sentiments que certains n’ont pas pu cacher. Victor Wooten, l’a d’ailleurs exprimé à travers des paroles émouvantes. Il a déclaré son immense honneur de faire partie d’un projet aussi important et de participer à un tel événement. « J’ai découvert en Nass El Ghiwan des artistes extraordinaires, j’ai beaucoup appris à travers eux et je souhaite transmettre leur art à mes enfants et mes petits enfants », a-t-il ajouté.

De son côté Omar Sayed a tenu à rendre hommage au Festival Mawazine qui a permis à l’artiste Marocain de se sentir valorisé. « C’est une plateforme professionnelle qui offre la chance aux artistes d’exprimer leur art dans les meilleures conditions. On se sent de vrais artistes, on monte sur de vrais scènes ». Une vraie reconnaissance pour Mawazine de la part d’une star qui a marqué de son empreinte la world music.

C’est dire que ce concert était attendu avec ferveur. Dès les premières notes de « lah yamoulana », une clameur est montée du public qui s’est déchaîné scandant les paroles à l’unisson avec Saida Fikri. Les spectateurs de tous âges étaient presque en transe aux sons  de chansons tels que «Fin Ghadi bya khouya »…les youyous fusaient de toutes part pendant le «moual » de Omar Sayed avec «Ya bani insan»,…l’intrusion de rythmes gnaouis au beau milieu de certaines chansons a enchanté les spectateurs. Safy Boutella qui exultait de bonheur, bonheur de voir son travail récompensé par le public n’a pas manqué de saluer l’Union des trois peuples marocain, algérien et tunisien.

La scène d’El Menzeh aura battu tous les records d’affluence ce soir. Pas moins de 60 000 personnes sont venues acclamer l’œuvre de Nass El Ghiwane. A la fin du concert, un trophée a été offert par Maroc Cultures à Nass El Ghiwane rendant hommage à toute leur brillante carrière.

Lors de cette même soirée, une autre création a ravi les puristes. Les murs du Théâtre Mohammed V ont vibré avec la voix de Roger Hodgson accompagné de l’Orchestre Symphonique Royale. Dans une salle archicomble, ils ont joué à l’unisson. A les entendre, on a l’impression qu’ils ont toujours joué ensemble. L’ex membre du groupe Supertramp n’a pas manqué de rendre hommage à l’OSR. «Nous n’avons répété qu’une seule fois à mon arrivée et le résultat dépasse toutes mes espérances », a confié Roger Hodgson. Au moment où il entonnait «Breakfast in america », le public composé de nostalgiques de la belle époque des Supertramp n’a pas résisté à l’envie de se mettre debout esquissant sur place des pas de danse. Une soirée mémorable.

Des CD et DVD seront enregistrés pour immortaliser ces deux moments de véritable bonheur.
Les autres scènes n’ont pas démérité drainant un public toujours aussi nombreux si ce n’est plus que les autres soirs.

Du côté de la scène occidentale, les Sugababes dont la marocaine Amalle Berrabah se sont données à fond. Danse, musique, chant…leur vivacité n’a laissé personne indifférent. Un public composé essentiellement de jeunes sautait en l’air aux rythmes de leurs chansons. Amalle qui a tout au long du concert parlé en darija aux spectateurs qu’elle a eu du mal à quitter la voix chargée d’émotion et les larmes aux yeux.

A Nahda, le génie de la musique marocaine a opéré. Trois chanteurs de générations différentes se sont succédés. D’abord, la diva Hayat El Idrissi avec son répertoire classique et sa voix incomparable, suivie du ténor Fouad Zbadi dans le même registre, le vrai tarab classique orientale. Et enfin la voix plus fraîche mais tout aussi forte de Jannat qui en dépit de son jeune âge peut se targuer d’avoir une place de choix sur la scène arabe.

Au Bouregreg, les fans de musique afro américaine avaient rendez-vous avec le père spirituel du reggae : Ernest Ranglin. Ce producteur, chanteur à la longue carrière a fait découvrir le reggae au reste du monde. Rythmes de jazz mêlé à des sonorités africaines ont enchanté les festivaliers.
De l’autre côté de la rive, sur la Plage de Salé, l’auditoire avait rendez-vous avec une soirée 100% hassani. Ittihad Saghayar, Rachida Talal ou encore Saida Charaf ont fait danser les milliers de personnes aux sons des derbougas du Sud. Un genre musical qui compte de nombreux adeptes.

Le site du Chellah propice aux bonnes rencontres et aux découvertes attire les vrais mélomanes. Et ce dimanche n’a pas fait exception, des centaines de personnes se pressaient pour admirer la Belle Dorsaf Hamdani. La fusion de la magnifique voix de la tunisienne mélangé aux rythmes des instruments de l’iranien Alireza Ghorbani ont fait leur effet. Le pari pour ces deux vocalistes d’exception, pendant cette rencontre, était de créer à partir de rythmes différents, des nouvelles formes musicales porteuses de fortes émotions. Et ce fut le cas, la fusion était totale. Deux heures durant, le public est resté suspendu aux lèvres de Dorsaf. Et c’est avec une standing ovation qu’ils ont remercié les deux artistes pour cet intermède hors du temps.

A la Villa des Arts, le défilé des belles voix féminines s’est poursuivi avec un trio formé par Samira Kadiri (Maroc), Vanessa Paloma (France) et Begonia Olavid (Espagne). Initiée par Maroc Cultures, la rencontre mettant à l’honneur trois artistes du bassin méditerranéen de milieu culturel différents mais partageant la même passion de la musique a été une vraie réussite.

Dans la rue, les gens ont tous les jours rendez-vous avec quatre spectacles aussi époustouflant les uns que les autres. Dimanche après midi, ce sont les Bollywood Troubadours Brass Band, qui ont marqué les esprits. Avec leurs costumes bariolés, leurs chorégraphies parfaites, ils ont ébloui les badauds venus à leur rencontre.

Beaucoup d’émotion en cette journée qui a été marquée par la célébration de la créativité, preuve que l’art c’est avant tout de belles rencontres, un melting pot culturel, c’est en somme ce qui nous différencie qui nous unit le plus : notre diversité culturelle.
Ne ratez surtout pas les rencontres de demain !!!

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