Fooball marocain ou l’impérative réforme

Fooball marocain ou l’impérative réforme

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En fin de semaine dernière, la Botola pro version 2013-2014, a pris fin d’une façon heureuse pour les uns, bien malheureuse pour les autres.


 

Peut on cependant se contenter d’être de simples comptables de résultats arithmétiques en cette fin de cycle?

C’est naturellement l’occasion de procéder au bilan et de tirer les conclusions qui s’imposent.

Le championnat de cette année, comme il en est quasiment de même depuis fort longtemps hélas, appelle deux remarques essentielles.

La première est que malgré tous les efforts de transparence, la suspicion est toujours de mise et la rumeur toujours de rigueur. C’est dommage que le championnat n’ait pas gagné en crédibilité. Ça et là on entend des choses bizarres et on lit des propos étonnants.

Mais passons.

Nous avons un champion, un dauphin et deux bonnes petites équipes qui débarrassent le plancher.

La seconde remarque est que décidément au plan technique, ça ne vole pas très haut. Qui dit suspens ne dit pas forcément bon niveau. C’est plus un nivellement pas le centre, je n’ose pas dire par le bas, qui a marqué la saison encore une fois. Pour preuve nos équipes, au niveau africain, ont été quasiment débarquées dès les prémices des compétitions.

C’est dire que notre championnat ne génère point d’excellence et que quelque part, il serait judicieux d’en réviser tant le mode de fonctionnement que l’approche même.

À quoi bon disputer un championnat qui ne participe ni à l’animation socio-culturelle, puis que le nombre de spectateurs sur l’année reste toujours dérisoire, en rapport avec la population mobilisable, ni ne contribue à produire de la valeur sportive, puisque nos clubs ne gagnent pas grand chose au niveau continental. Plus encore, pour l’équipe nationale, nous puisons dans d’autres championnats, voir d’autres pays, sous prétexte de marocanité de souche.

Ne serait il pas judicieux de réviser notre mode de compétition et de lui donner une configuration plus tournée vers la production de l’excellence.

Je suis de ceux submergés par l’obsession de penser qu’on y gagnerait doublement.

D’abord, au delà du fait sportif, il y a un plan politique: nos équipes allant plus loin dans les différentes compétitions continentales, participeraient à asseoir cette image de leader que le pays est entrain de se se forger en Afrique et dans le monde arabe.

On obtiendrait par la même une belle assise de sélection pour nos différents équipes nationales avec de meilleurs résultats, ce qui serait sans doute aucun, de nature à nous donner une meilleure visibilité à l’international et ce n’est pas rien.

Humblement, je suis de ceux persuadés de la pertinence d’une réflexion approfondie de la question.

On pourrait par exemple en Botola pro passer à 12 ou tout au plus 14 équipes, au lieu du nombre actuel, avec un play off et un play out. Ce ci se traduirait par une concentration qualitative et une compétition qui ne laisserait point place à de quelconques possibilités d’arrangements, de pieds levés ou de dos tournés.

La copie est véritablement à revister….

La compétition de coupe du trône devrait aussi être revisitée. Elle pourrait se jouer en introduisant toutes les équipes dans le tirage au sort dès le premier tour. Les équipes les plus riches se déplaceraient obligatoirement chez les moins nanties, dans un effort d’animation des régions défavorisées, pour des besoins de solidarité et en respect d’une certaine équité.

En tous les cas ce qu’il ne faut pas, c’est faire du sur place et repartir encore une année sur les mêmes bases et avec la même conviction.

Le changement s’avère nécessaire, si nous voulons véritablement donner des lettres de noblesse à notre football, pour qu’enfin il puisse s’acquitter de ses véritables missions et raisons d’être.

Et ce n’est pas qu’une problématique technique, elle est aussi économique. Aujourd’hui quand on regarde la mauvaise santé financière des clubs, l’on se rend compte que pas plus d’une dizaine arrivent à boucler la fin d’une saison sans trop de dégâts.

La réduction du nombre de clubs en Botola pro et une formule nouvelle de la coupe du trône, éliminerait de facto de l’élite, ceux qui naturellement ne devraient pas y être, parce que n’en n’ont pas les moyens tout simplement.

Il faut dire que la situation actuelle est trop coûteuse pour l’état qui est en réalité, de manière directe ou indirecte, le seul et unique pourvoyeur en fond pour un football malade pour ne pas dire moribond et improductif.

Ailleurs, dans les grands pays du football, ce sport vit de lui même et génère ses propres fonds, l’état et les collectivités ne finançant que les sports mineurs et les activités d’amateurs et encore.

Mais cela est une autre paire de manches.

Par Aziz Daouda

Actu-maroc.com______________________

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