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Forum femmes en action: beaucoup de progrès dans l’égalité des sexes, mais des inégalités subsistent

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-Par Mustapha el Kadaoui-

Organisé par la fondation « Institut International du Théâtre de la Méditerranée » (IITM) et « International Women Forum » du Maroc (IWF), cette rencontre vient à point nommé, au moment où les femmes du monde entier font le bilan de leur situation.

L’égalité entre les femmes et les hommes est un droit fondamental, une valeur commune, et une condition nécessaire pour la réalisation des objectifs de croissance, d’emploi et de cohésion sociale. C’est en substance ce que souligne Marisa Mercado, directrice technique de la Fédération des associations de défense et de promotion des doits humains en Espagne, encore faut-il aborder les inégalités qui subsistent dans ce domaine. Celles-ci ont pour nom discrimination, notamment en matière d’emploi étant donné que le taux d’emploi des femmes reste encore inférieur à celui des hommes en Europe en général et en Espagne en particulier, sachant que pour chaque heure travaillée, elles gagnent en moyenne 17.8 % de moins que les hommes.

Quid des femmes qui restent encore largement sous-représentées aux postes de décision économiques et politiques, même si leur proportion s’est accrue au cours des dix dernières années, alors que la répartition des responsabilités familiales reste très inégale entre les hommes et les femmes, que le risque de vivre dans la pauvreté est également plus grand chez les femmes, que celles-ci sont les principales victimes des violences sexuelles, et que les femmes et les jeunes filles sont plus exposées à la traite d’êtres humains.

Cette militante espagnole des droits de l’Homme rappelle également les autres formes de discrimination dont souffrent les femmes en général notamment les mutilations génétiques (8000 cas enregistrés chaque année dans le monde) sans oublier le nombre croissant des femmes et filles atteintes du SIDA dans le monde atteignant plus de 15 millions.

La liste des inégalités est longue, très longue même comme le soulignent les femmes prenant part à ce forum dont la présidente de l’organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH), Amina Bouayach qui, dans son intervention sur la question du genre et les droits humains, a insisté sur la participation de la femme à la gestion de la chose publique, rappelant au passage que l’une des priorités des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) n’est autre que le respect de l’égalité des chances et la lutte contre la discrimination entre les deux sexes.

Certes beaucoup de progrès a été enregistré notamment au Maroc et en Espagne, tiennent-elles à souligner, mais beaucoup reste à faire de l’avis de ces militantes dont Aouatif Derrous, conseillère à la commune rurale Ait Bouyahia/el Hajjam, près de Tiflet.

Cette dernière, tout en évoquant les progrès réalisés notamment l’élection de 3.424 femmes aux élections communales de 2009 contre 127 seulement en 2003, la création de la commission de la parité et de l’égalité des chances, le fonds d’appui pour la promotion de la représentativité des femmes, a affirmé que malgré tous ces efforts, les femmes élues se trouvent en dehors de la sphère de prise de décision au sein des conseils communaux et peinent à accéder aux postes de responsabilité.

Pour Asmaa Chaabi, première femme à devenir maire au Maroc, plus précisément à Essaouira, la femme marocaine s’intègre de manière douce au processus de développement, et le fait de protéger la femme, c’est protéger l’homme et les enfants.

Si le forum de Chefchaouen permet à ces militantes de recadrer le débat sur le rôle de la femme en fonction des progrès réalisés dans les deux rives de la Méditerranée, l’occasion est également offerte aux actrices associatives telle que Najat el Boukari Anwar, présidente fondatrice de l’association « Touche pas à mon enfant », qui a attiré l’attention sur le sort des femmes rurales, les marginalisées et les analphabètes, qui doivent elles aussi bénéficier de leur droit à la liberté et à une vie digne en vue d’une meilleure intégration dans la société.

Il en est de même de Zoubida Charrouf, professeur à la faculté des sciences de Rabat, et présidente de l’Association Ibn Al Baytar Huile d’argane, qui s’est attardée sur les projets générateurs de revenu pour les femmes rurales comme l’arganier, soulignant à cet égard que les différentes productions de l’arganeraie fournissent plus de 20 millions de journées de travail dont 7.5 millions de journées essentiellement féminines pour la seule extraction de l’huile d’argane, ce qui favorise l’intégration socio-économique de ces femmes à travers l’amélioration de leurs niveaux de vie.

Le forum « femmes en action » de Chefchaouen semble ainsi atteindre son objectif, celui de l’échange et de la réflexion entre ces femmes militantes des deux rives de la Méditerranée, des femmes qui, au delà de leur statut d’entrepreneurs, de politiciennes, d’élues ou encore d’actrices associatives et militantes de droits de l’Homme, ont un seul objectif à savoir, relancer le débat sur l’amélioration encore et encore du statut de la femme.

 

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