PARTAGER

Cinq hommes déchus de la nationalité française en octobre après avoir été qualifiés de « terroristes » par le ministère de l’Intérieur, ont déposé lundi des recours devant le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative de France, a-t-on appris auprès de leurs avocats.

Un recours en excès de pouvoir, visant la décision de déchéance, ainsi qu’un recours d’urgence, afin d’en suspendre les effets, « ont été déposés lundi au greffe du Conseil d’Etat », ont indiqué à l’AFP les avocats de ces personnes, Mes Elisabeth de Boissieu, Jean-Pierre Spitzer et William Bourdon.

Leurs clients, Fouad Charouali, Rachid Aït El Hadj, Bachir Ghoumid, Redouane Aberbri et Attila Turk, des amis d’enfance originaires de quartiers populaires de la banlieue ouest de Paris, étaient devenus français entre 1991 et 2001.

Ces quatre Franco-Marocains et ce Franco-Turc, aujourd’hui âgés de 38 à 41 ans, avaient été condamnés en 2007 à des peines de six à huit ans de prison pour leur « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte terroriste ».

Ils avaient notamment été jugés pour leurs liens plus ou moins directs avec des membres d’un groupe jihadiste responsable des attentats de Casablanca (Maroc), qui avaient fait 45 morts, dont trois Français, en mai 2003.

Ils avaient été libérés entre 2009 et 2011.

Leurs avocats ont dénoncé lundi « l’incroyable disproportion » entre « l’extrême gravité » des décisions ayant abouti à les déchoir de leur nationalité et « la réalité des faits reprochés ».

Commentaires