France: la campagne électorale clive les instances musulmanes

France: la campagne électorale clive les instances musulmanes

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« Il faut permettre aux grandes composantes de réintégrer le CFCM », a-t-il répondu mercredi comme on l’interrogeait sur l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui s’élève contre le projet de réforme.

L’UOIF, courant de l’orthodoxie conservatrice musulmane, avait refusé de participer aux élections pour le renouvellement des instances dirigeantes du CFCM, en juin dernier, contestant notamment le mode de désignation des délégués, proportionnellement liée à la superficie des lieux de culte.

Un mode favorisant les grandes mosquées ayant pignon sur rue, sans qu’elles soient forcément plus représentatives du quotidien des fidèles. Le nombre de musulmans en France est estimé à 3,5 millions, dont environ 800.000 pratiquants.

Au ministère de l’Intérieur, chargé des cultes, on admet que « la sérénité nécessaire pour engager une réforme du CFCM n’est plus réunie, du fait de l’élection présidentielle qui agite les esprits ».

Il n’en reste pas moins que le projet de réforme, signé par le CFCM le 16 février, repose maintenant sur trois points principaux: un nouveau mode de gouvernance avec des consultations électorales plus espacées, une collégialité accrue, et une représentativité au m2 plus équilibrée.

Mais, l’UOIF et d’autres membres du CFCM, jugent « consternant » d’avoir été informés « par voie de presse » d’un projet « discuté et finalisé sous l’égide de l’Intérieur par deux organisations: la Grande Mosquée de Paris (pro-Algérie) et le Rassemblement des Musulmans de France (pro-Maroc) ».

Si au ministère, on parle d’un « assemblage de mécontents assez hétéroclite, qui n’offre aucune alternative », le risque, selon Franck Frégosi, spécialiste de l’islam, directeur de recherche au CNRS, est que « le CFCM passe pour représenter davantage les pouvoirs publics auprès des musulmans que les musulmans auprès des pouvoirs publics ».

Ainsi, la réaction de M. Moussaoui aux propos du Premier ministre François Fillon début mars suggérant aux religions de revenir sur les « traditions ancestrales » d’abattage rituel a été jugée tardive et timide par rapport à celle du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

Le recteur de la Mosquée de Lyon (centre-est) Kamel Kabtane avait regretté que « le CFCM ait été dans l’incapacité de s’affirmer face aux pouvoirs publics, même face à des violations flagrantes de la laïcité ».

Ces propos de M. Fillon faisaient suite à une polémique sur l’importance de la viande halal distribuée en France, lancée par l’extrême-droite et relayée par le camp du président-candidat Nicolas Sarkozy.

« En cette période électorale, il y a eu un certain nombre de prises de position très véhémentes à l’égard de l’islam, relève M. Fregosi selon qui « certains secteurs musulmans commencent à être excédés par ces campagnes systématiques qui prennent l’islam comme un repoussoir ».

Selon lui, certaines organisations comme l’UOIF, qui avait perdu de sa légitimité lorsqu’elle participait au dispositif officiel du CFCM, pourraient saisir cette occasion pour se recrédibiliser auprès d’une base militante.

« Face à une forme d’+islam domestiqué+, l’UOIF, proche des Frères musulmans, pourrait tenter de reconquérir la part de marché, plus revendicative, qu’elle avait perdue », juge-t-il.

 

AFP _____________

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