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Des avions de combat saoudiens venant participer à la campagne de frappes contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) doivent arriver dans les prochaines heures en Turquie, a annoncé jeudi le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu.

« Nous attendons l’arrivée des avions saoudiens aujourd’hui ou demain » (vendredi), a déclaré le ministre turc à l’agence de presse officielle Anatolie, précisant que des soldats saoudiens étaient déjà présents en Turquie.

Les avions doivent être positionnés à Incirlik (sud), une grande base militaire qui accueille déjà des appareils américains, britanniques et français prenant part aux bombardements contre l’EI.

La télévision privée NTV a indiqué que quatre F-15 saoudiens devaient arriver vendredi à Incirlik. Trente soldats et du matériel militaire saoudiens ont atterri mardi sur la base, selon ce média.

L’Arabie saoudite faisait déjà partie de la coalition internationale qui combat depuis plus de 18 mois le groupe jihadiste Etat islamique, qui contrôle des pans entiers de la Syrie et de Irak, mais elle avait détourné son attention de cette mission au cours des derniers mois afin de se consacrer à la guerre chez son voisin yéménite.

La Turquie et l’Arabie saoudite, tous deux farouchement hostiles au président syrien Bachar al-Assad, ainsi qu’à ses deux principaux soutiens, l’Iran et la Russie, sont devenues ces derniers mois de proches alliés, alors que les relations s’étaient fortement détériorées en raison du rôle joué par Ryad dans la chute en 2013 du président égyptien Mohammed Morsi, proche d’Ankara.

Les autorités turques ont demandé à plusieurs reprises à leurs alliés de participer à leurs côtés à une intervention militaire terrestre internationale en Syrie, seule capable à leurs yeux de mettre un terme à la guerre civile meurtrière qui fait rage depuis cinq ans à leur frontière, faisant plus de 260.000 morts et poussant des millions de personnes à l’exil.

Washington a jusque là catégoriquement écarté tout scénario d’intervention au sol, d’autant qu’Ankara n’a pas fait mystère de son intention de s’en prendre dans ce cas non seulement aux jihadistes de l’EI et du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, mais aussi aux organisations kurdes syriennes qu’elle considère comme terroristes, le PYD (Parti de l’union démocratique) et son bras armé les YPG (Unités de protection du peuple), qui contrôlent des zones à la frontière turque.

L’artillerie turque a bombardé à plusieurs reprises les positions des YPG, en riposte, selon Ankara, à des tirs de cette milice, qui est soutenue militairement par Washington car elle se trouve en première ligne des combats contre l’EI.

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