Fus…le premier sacre en championnat mais pas le dernier…

Fus…le premier sacre en championnat mais pas le dernier…

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C’est fait, le Fus est finalement champion du Maroc de football, titre qui ne lui ait pas inconnu dans moult sports depuis longtemps déjà.
Cela pouvait ne pas arriver cette année, mais devait de toute façon arriver un jour plutôt proche.

Le Fus football après avoir connu l’enfer de la descente en seconde division à bien retenu la leçon et trier les bonnes conclusions.
Il a compris que le bachotage ne menait à rien. Il a intégré que le recours au mercenariat comme philosophie de management n’était pas la bonne voie.
Alors il s’est mis au travail et pas n’importe comment.
Il a commencé par faire créance à de jeunes entraîneurs auxquels aucun club dit grand, n’aurait fait confiance. Tous auraient objectés le manque d’expérience. Or l’expérience est bonne justement quand on a le courage de la tenter. C’est ce que fera le Fus avec Amouta, Selami puis Regragui et l’expérience s’est avérée fructueuse.
Le Fus a favorisé la soif de vaincre et de s’affirmer des jeunes.
Cela lui a plutôt réussi.
En fait, par cette première rupture le Fus s’est mis en marge des usages et a éliminé d’emblée certaines pratiques dont sont connus hélas bon nombre d’entraîneurs sur le marché.
Le choix de l’entraîneur est déterminant dans la mesure où celui ci va forcément amener avec lui une façon de faire, avec certes ses qualités mais bon nombre de défauts aussi.
Ensuite le Fus a choisi la discrétion comme mode de travail. Alors que nombreux dirigeants sont connus sur la place davantage par leur exhibitionnisme, s’étalant sur la presse beaucoup plus que dans le travail, les dirigeants du Fus sont eux peu connus du public et très rares dans les médias.
Cette stratégie et plus que payante. Elle extrait simplement le club aux pressions négatives et aux aléas des boomerangs. En fait elle permet aussi d’assoir l’autorité des dirigeants et du staff au sein du club et dans les vestiaires. Un dirigeant calme et discret est généralement plus respecté et mieux écouté qu’un dirigeant turbulent.
Un dirigeant calme rassure, un dirigeant turbulent déstabilise.
Le Fus n’a jamais versé dans les faux fuyants. Il ne se plaint jamais et n’avance jamais par exemple que jouer sur plusieurs tableaux le dérange. Au contraire il en fait un atout.
Voilà deux ans et demi qu’il joue sans relâche et ne s’en ai jamais plaint.
Le Fus s’est interdit de se mêler aux faits mercantiles. Il recrute peu ou pas. C’est une preuve de grande confiance dans les joueurs présents ce qui leur permet de travailler dans la sérénité et sans suspicion. Les rapports sont ainsi sains et  francs. Le sentiment d’appartenance chez les joueurs du Fus est très fort. Ils se donnent sans réserve pour leur maillot. Les entraîneurs rassurés par le sérieux de leur contrats ne sont pas du reste.
C’est une condition incontournable pour la réussite et le rendement du joueur et partant de l’équipe.
Le Fus ne fait pas dans la surenchère. Les salaires et les primes sont connus et versés selon un rituel immuable. Nous sommes ici dans une vraie relation professionnelle comme dans une véritable entreprise.
Le Fus ne se contente pas de ce qu’il est aujourd’hui, il pense sérieusement à l’avenir est se déclare club formateur. Pour cela il est entrain de se doter des outils nécessaires en infrastructure mais aussi en mode de gestion et en ressources humaines.
La continuité comme philosophie prend ici tous son sens.
Le Fus a aussi un president véritablement sportif qui court toujours, j’en suis témoin, c’est mon voisin.
Mais le Fus a surtout de très grands supporters je veux saluer ici si Doghmi, Si El Oufir et beaucoup d’autres qui 70 ans durant ont attendu le sacre qu’ils ne lâcheront plus facilement maintenant qu’ils y ont goûté. Une pensée pour Toto: mon ami Abdellatif Rifai qui sera parti avant de voir son Fus sacré.
Ces quelques lignes à propos du Fus me rappellent aussi mes amis de Diour Jamaa et autre qui y ont joué: Abdlehnine, Si Mohamed Lachgar, Miloud, Aarouba, Khalid Labied. Que ceux que j’oublie en ce moment m’excusent.
N’oublions pas non plus que le Fus est un véritable club omnisports qui respecte à la lettre la loi sur le sport, avec des résultats probants quasiment dans tous les sports.
Mais vous me direz ce Fus football n’a t’il pas de défauts?
Et bien si. Il en a un très gros. Il manque peut être d’audace.
Avec un peu plus d’audace et un statut de grand assumé, le Fus dans sa configuration actuelle peut remporter les championnats et les coupes pendant longtemps encore.
Mais cela est une autre paire de manches.
Par Aziz Daouda

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