Gouvernement Benkirane : Comment arrivera-t-il à relever les défis?

Gouvernement Benkirane : Comment arrivera-t-il à relever les défis?

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Nommé récemment par S.M. le Roi Mohammed VI chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane prendra les commandes dans une conjoncture difficile marquée notamment par les turbulences qu’a connues la région du Maghreb mais aussi par la dégradation des perspectives de croissance en Europe (premier partenaire du pays) à cause de la crise de la dette.

Lors de la campagne électorale, le parti de la justice et du développement (PJD) avait annoncé un programme ambitieux, notamment un taux de croissance de 7% et un déficit de 3% ou encore la création de 250.000 emplois. Des objectifs très ambitieux certes, mais irréalistes aux yeux de certains observateurs, alors que d’autres pensent le contraire en affirmant qu’ils ne sont pas impossibles.

Alors, dans cette conjoncture internationale et régionale plutôt défavorable, sur quelle base ce gouvernement de coalition va-t-il élaborer sa déclaration gouvernementale ? Comment procédera-t-il pour résorber le chômage qui affecte près de 9% de la population, un déficit qui dépasserait les 3,6% du PIB ou encore un déficit commercial qui s’est creusé à fin novembre pour se situer à plus de 166 milliards de dirhams ?

A toutes ces questions, le nouveau cabinet sera invité à répondre lors de la présentation de son projet de loi de Finances 2012. Un exercice qui s’avère difficile face à une opposition qui ne manquera pas de monter au créneau.

De signaux forts pour redonner confiance aux investisseurs
Pour Mohamed Khachani, professeur d’économie à l’Université Mohammed V-Agdal, le nouveau gouvernement doit d’abord émettre des «signaux forts» dans le sens d’un assainissement de l’environnement économique et du climat des affaires, afin de redonner confiance aux investisseurs. Pour ce faire, a-t-il dit, il faudra lutter contre la corruption sous toutes ses formes et instaurer les règles de la bonne gouvernance, sur laquelle le PJD a beaucoup insisté dans son programme électoral.

«Plusieurs investisseurs nationaux comme internationaux, s’abstiennent d’investir au Maroc à cause de la corruption qui mine l’environnement et le climat des affaires et toute action volontariste dans ce sens», a expliqué Khachani.

Depuis l’accession de S.M. le Roi Mohammed VI au Trône, le Maroc a, indéniablement, fait des progrès, a-t-il affirmé, soulignant toutefois que ces progrès demeurent «insuffisants» vu les atouts et les potentialités dont regorge le Royaume.

Aussi le pays doit-il assainir l’environnement de l’investissement, puisque ce dernier est le moteur de la croissance et de l’emploi qui constitue l’un des défis majeurs qui préoccupent le citoyen marocain.

La bonne gouvernance ouvrira ainsi des perspectives nouvelles à la fois en matière d’emploi, d¿investissement, de croissance et d’ouverture à l’extérieur, mais aussi en termes d’image du Maroc, a estimé Khachani.

Après l’emploi, l’autre grand défi auquel le nouveau gouvernement devrait s’attaquer, et qui contribue au ralentissement de la croissance au Maroc, est l’éducation, a indiqué le professeur, ajoutant que le nouveau gouvernement doit focaliser ses efforts sur la question de l’enseignement, du fait de son impact transversal sur tous les plans.

Il a, en outre, appelé à mettre fin à l’économie rentière dans toutes ses formes, notamment les agréments de taxis et d’autocars, les licences de pêche et les concessions de carrière de sables dont les revenus sont estimés à plusieurs milliards de dirhams.

 

 

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