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La tension revient de plus belle dans les établissements de la mission française au Maroc. Le lycée Descartes de Rabat en reste le meilleur exemple avec la grève des cours qui vient d’être décrétée pour le 27 novembre par les élèves sur décision des parents qui protestent contre les restrictions budgétaires imposées par le gouvernement français et susceptibles d’avoir un impact négatif pour les élèves au niveau de la qualité de l’enseignement assuré par ces établissements.

A titre d’exemple, il faut savoir que Paris a décidé de faire des coupes des sombres de l’ordre de 33 millions d’euros dans le budget de l’AEFE, l’agence qui chapeaute les établissements de la mission à l’étranger, soit une réduction drastique du budget de l’ordre de 10%, correspondant à l’annulation de 500 postes de travail durant les trois prochaines années, un très lourd manque en matière d’encadrement pédagogique. Pour pouvoir assurer un fonctionnement normal et l’équipement minimal requis, il est donc prévu d’augmenter les frais de scolarité durant cette période dans un taux de 6 % environ, de quoi susciter de nouvelles vagues de colère et de protestations ainsi que d’autres grèves dans les établissements alors que ces frais ont déjà atteint des plafonds et les limites du supportable pour les familles des élèves.

Voici le communiqué qu’actu-maroc a reçu

« Projet motions CE de chaque établissement de l’AEFE – novembre 2017 ​

 Les élus FSU au Conseil d’établissement du lycée R.Descartes dénoncent les choix budgétaires présentés ce jour. Ces choix font peser une lourde charge sur l’établissement tout comme sur l’Opérateur public AEFE, victime d’annulations de crédits à hauteur de 33M€ pour le budget 2017 en cours.  Les personnels et les usagers (élèves et familles) en subissent de plein fouet les conséquences.
Sur l’ensemble du réseau :
• les suppressions de postes de détachés (suppression programmée pour la rentrée 2018 de  80 postes d’expatriés et 100 postes de résidents , puis pour 2019 et 2020,  de 66 postes d’expatriés et 100 postes de résidents chaque année) auront des conséquences graves sur l’encadrement pédagogique des établissements. Au-delà, elles toucheront par voie de conséquence l’ensemble des personnels, par les blocages budgétaires sur toute revalorisation nécessaire des personnels de droit local, et aggraveront la situation relative aux plafonds d’emploi. Au total, ce seront donc 512 postes de titulaires supprimés sur 3 années, soit un dixième des postes de détachés enseignants, alors que la FSU demande depuis des années des ouvertures, pour répondre aux augmentations du nombre d’élèves dans le réseau et pour régler les situations des titulaires non-résidents !
• La participation financière complémentaire (assise sur les frais de scolarité) pour les EGD et conventionnés passera de 6 à 9 % en 2018, puis 7,5 % en 2019. Même si un retour à 6 % est visé pour 2020, il a peu de chances d’être atteint. Ces charges sont très lourdes et pèseront sur les frais de scolarité, pénalisant encore plus les familles.
• Aucune subvention ne sera donnée aux établissements en 2018, sauf sur la sécurité et les protocoles pluriannuels d’investissement.
Le choix de la suppression de crédit et de la contrainte budgétaire n’est pas le nôtre. Ses conséquences ne sont certainement pas, rappelons-le, notre vision d’un réseau d’éducation d’excellence et dynamique. Il contredit l’ambition affichée, qui ne doit pas se limiter aux seuls discours, mais doit être suivie d’actes et de moyens pour les élèves, les personnels, et pour l’ensemble de la communauté scolaire du réseau.
Pour notre établissement, qui a déjà subi une ponction de plus de deux millions et demi d’euros, les conséquences qu’on le veuille seront bel et bien là même si on nous rassure que rien ne changera, les blocages sur le dialogue social, les suppressions de postes de résident ou d’expatrié sont déjà annoncées, les classes surchargées ne verront pas de dédoublement ou de créations de divisions supplémentaires, les projets immobiliers seront évidemment mis à mal par des gels ou des arrêts nets.
Les élus FSU au Conseil d’établissement du lycée R.Descartes, demandent au Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères d’intervenir dès maintenant pour réviser cet arbitrage et prendre effectivement en compte les besoins réels de l’Établissement public AEFE. »

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