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De mémoire de ministre, l’on avait jamais assisté à une telle affaire
mettant en cause deux membres du gouvernement affirmer avoir prévenu
le premier ministre qu’ils allaient lui retirer une de ses prérogatives
et qu’il leur avait donné son accord pour le faire alors que ce dernier
répond que ce n’est pas vrai et qu’il n’a jamais donné de feu vert à cette décision.

Un échange d’accusations devant le gouvernement au grand complet, en plein conseil,
de quoi se poser bien des questions devant une affaire grave quu prend de l’ampleur
et qui met en danger la cohésion d’une équipe gouvernementale déjà bien
fragilisée depuis les dernières élections. Un rappel des faits
s’impose: depuis qu’il a été chargé par le roi de présider, en tant
que ministre de tutelle, le Fonds de Développement du Monde Rural qui
a été doté d’une enveloppe colossale de 55 milliards de dirhams pour
les sept années à venir, Aziz Akhenouch à chetché à se rendre
indispensable pour le prochain gouvernement, comme il l’avait été avec
le Plan Maroc Vert avec l’actuel exécutif, en demandant à son collègue
des finances Mohammed Boussaid, d’inclure dans le projet de loi de
fiances 2016, un article lui confiant la gestion de ce fonds en lieu
et place du premier ministre. Le reste de l’histoire est à présent
connu.et le ministre Aziz Akhenouch a tout simplement remplacé la
signature du premier ministre désigné en vertu de la constitution pour
signer les chèques par la sienne.

Le chef du gouvernement n’est pas allé jusqu’à accuser son ministre de
l’agriculture de menteur tout comme celui des finances et Abdelilah
Benkirane veut éviter le clash qui ferait des vagues susceptibles
d’emporter son gouvernement. Mais l’affaire va certainement laisser
des traces alors qu’elle a déjà endommagé l’image de ce dernier.

Par Jalil Nouri

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