Grèce: l’Europe avance à petits pas vers une nouvelle aide

Grèce: l’Europe avance à petits pas vers une nouvelle aide

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A l’issue d’une énième réunion sur la crise grecque entamée dimanche en début de soirée à Luxembourg, et qui a duré jusque tard dans la nuit, les ministres des Finances de la zone euro ont laissé entrevoir un déblocage « d’ici mi-juillet » de la prochaine tranche des 110 milliards d’euros de prêts qu’ils ont promis l’an dernier au pays avec le Fonds monétaire international.
Ils l’ont toutefois lié « à l’adoption de législations clés sur la stratégie budgétaire et les privatisations par le Parlement grec ».

 

La Grèce doit montrer « d’une façon crédible » qu’elle tient ses engagements, et pour cela « il faut attendre le vote final sur le programme » sur lequel elle s’est engagée envers ses interlocuteurs internationaux, a insisté le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.
« Pour prendre la décision (sur le déblocage des prêts) début juillet, nous aurons besoin d’avoir la décision du Parlement grec » sur un nouveau plan d’austérité et de privatisations, lui a fait écho le ministre belge, Didier Reynders.

Ce plan, sur lequel le Parlement grec doit se prononcer d’ici fin juin, est si impopulaire que le Premier ministre socialiste, Georges Papandréou, a été obligé de remanier son gouvernement pour améliorer les chances qu’il soit adopté. Il a encore réclamé dimanche un « accord national » des partis politiques à un « moment crucial » pour le pays. Mais l’opposition s’y refuse jusqu’ici, et réclame des élections anticipées.
Au-delà des financements immédiats, la zone euro doit aussi mettre sur pied un deuxième plan d’aide pour éviter une faillite de la Grèce à plus long terme, car les premiers prêts promis l’an dernier s’avèrent insuffisants.

Les « paramètres principaux d’une nouvelle stratégie de financement claire » devraient être définis « d’ici début juillet », ont assuré les ministres, qui commencent enfin à parler d’une seule voix sur l’un des points les plus sensibles, la participation des banques et autres créanciers privés d’Athènes.

Berlin notamment exige depuis le début cette participation du privé au deuxième plan d’aide, qui s’ajouterait à de nouveaux prêts et à des privatisations. Le volume total se chiffrerait ainsi à une centaine de milliards d’euros, selon plusieurs sources.

Mais les modalités de cette participation ont longtemps fait débat, car elle risquait d’être assimilée à un défaut de paiement de la Grèce susceptible de provoquer la panique des marchés et une contagion de la crise à d’autres pays de la zone euro.
« Nous nous sommes mis d’accord sur l’implication volontaire du secteur privé alors qu’il y a une semaine ou deux, différentes options étaient sur la table », s’est félicité Jean-Claude Juncker.

Les ministres ont en effet salué l’objectif d’une participation privée « sous la forme la forme de roll-overs informels et volontaires de la dette grecque existante arrivée à maturité », selon leur communiqué.
Le « debt roll-over » désigne, en jargon financier, le fait que les créanciers, quand leurs prêts arrivent à maturité, les remplacent par d’autres de même montant. C’est le scénario qui était défendu notamment par la France, la Commission et la Banque centrale européenne.

Les ministres soulignent que cette opération devrait représenter un apport « substantiel » au programme grec, une autre exigence de Berlin, « tout en évitant un défaut (de paiement) sélectif » du pays, qui par effet domino risquait de mettre toute la zone euro en danger.

AFP_________________

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