PARTAGER

Développée au cours des années 1990 par le Pentagone, la théorie qui consiste à créer et à nourrir des conflits loin des frontières américaines, a fait long feu et beaucoup demeurent sceptiques quant au meilleur moyen de laisser le territoire étasunien à l’abri de toute menace militaire.
Lorsque pareille théorie a un pendant idéologique très proche des faucons néo-conservateurs et trouve son intérêt économique revalorisé par le complexe militaro-industriel, qui tire les ficelles de nombreux lobbies ayant leur mot à dire à la Maison Blanche, on se dit que le mal est irrémédiablement fait.
Il en est ainsi de l’échiquier Moyen et Proche oriental, promis à mille et une guerre sans fin.
Tout avait commencé en Irak où des dizaines d’attentats suspects avaient mis dos-à-dos sunnites et chiites.
Par la suite, il n’en avait pas fallu beaucoup pour que la lutte d’influence entre l’Iran et certains pays du Golfe (Arabie Saoudite, Emirats, Koweit, Bahrein et Qatar) fasse de ravages.
Le retour sur la scène internationale de Téhéran n’est pas de nature à arranger les choses, car la République Islamique va recommencer à produire entre 4 à 6 millions de barils par jour contre 1 million sous embargo, chose qui dérange les pays producteurs du Golfe.
Par ailleurs, la récente intervention militaire turque en Syrie contre Daëch et en Irak contre le PKK, promet de carrément changer la donne militaire.
Notons au passage que les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne avaient tout fait ou presque pour mêler la Turquie dans cette guerre.
Restent, la coalition arabe contre les Houttis au Yémen, l’inextricable crise libyenne, l’Egypte qui se déchire entre armée et Frères musulmans, ou du moins ce qu’il en reste, sans oublier la bombe à retardement syrienne avec le régime Assad soutenu par Téhéran, Moscou et Pékin. Et les mouvements de résistances comme le Hamas en Palestine et le Hezbollah au Liban, qui sont condamnés à se positionner face à la prolifération de groupuscules terroristes proches de Daëch.
Dans cette région du monde où les barils de pétrole cohabitent avec ceux de poudre, on se demande comment les peuples pourront-ils retrouver une vie normale, avec toutes les convoitises, toutes les menaces et tous les marchands d’armes qui tournent autour ! ?
Ce qui est sûr et certain, c’est que le jeu des Alliances et des contrats d’armements à coups de centaines de millions, ne profite ni à la paix ni au bien-être des peuples.

La question kurde

Les puissances occidentales sont-elles en train de soutenir, en secret pour le moment, la création d’un Etat pour les Kurdes !?
Comme certains signes ne trompent pas, des indices persistants incitent à débattre du sujet même si la question n’est pas encore à l’ordre du jour…
Les Kurdes sont principalement établis sur près d’un demi-million de kilomètres carrés aux confins de la Turquie, de l’Irak, de l’Iran et de la Syrie. Revendiquant la création d’un Kurdistan unifié, ils sont considérés comme une menace constante à l’intégrité territoriale des pays où ils sont installés.
Dans le nord de l’Irak, les Kurdes bénéficient d’une région autonome riche en pétrole, une manne à l’origine de tensions avec Baghdad. La région cherche à construire un oléoduc la reliant directement aux marchés étrangers. En attendant, elle exporte du brut par camions vers la Turquie voisine et a signé des accords avec Exxon Mobil et Total.
Sans oublier la question de Kirkuk, également riche en pétrole, que les Kurdes voudraient incorporer à leur région, ce qui a provoqué l’ire du gouvernement irakien.
Par ailleurs, les Kurdes sont en train de contrôler le Sud-Est de la Syrie où leurs combattants cherchent à assoire leur autorité sur la manne pétrolière. Les Kurdes de Syrie ont tout d’abord veillé à rester à distance égale des parties du conflit, mais dans un climat de violence et d’insécurité qui a conduit fatalement à une fracture confessionnelle et ethnique, ils sont très vite été rattrapés par la guerre. Pire, ils sont les premiers sur le front de la lutte contre Daech
Désormais, ils ont leurs propres combattants et bénéficient du soutien militaire du Kurdistan Irakien qui s’est déclaré prêt à intervenir en Syrie car il était de son devoir de les protéger.
Les Kurdes représentent environ 10% des 23 millions de syriens. Ils sont concentrés dans la province d’Hassaké, autour de Damas et dans la province d’Ifrin, théâtre actuellement de durs combats entre Kurdes et rebelles arabes.
Aujourd’hui, le droit naturel des Kurdes à un Etat dépend-il seulement de l’issue du conflit en Syrie et de la crise sécuritaire sans issue en Irak !?
C’est troublant comme la donne pétrolière est omniprésente chez ceux qui orchestrent cette géopolitique du chaos, dans une logique qui méprise effrontément l’intégrité territoriale de pays comme la Syrie et l’Irak et demain, qui sait ?, de l’Iran.
On l’a vu, il y a trois ans quand la Maison-Blanche avait forcé l’indépendance du Soudan du Sud, un territoire riche en pétrole et majoritairement chrétien.
Pour les Kurdes, on trouvera les mêmes prétextes et les mêmes excuses…
A qui le tour ??

Par Hafid FASSI FIHRI

Commentaires