Guinée: investiture du premier président librement élu Alpha Condé

Guinée: investiture du premier président librement élu Alpha Condé

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Selon la télévision nationale, « quinze chefs d’Etat sont attendus » à Conakry pour cette cérémonie prévue à la mi-journée.
Parmi eux, cinq dirigeants de pays voisins sont annoncés: le Bissau-Guinéen Malam Bacai Sanha, le Sénégalais Abdoulaye Wade, le Malien Amadou Toumani Touré, le Sierra-Léonais Ernest Koroma et la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf.
Sont également attendus Denis Sassou Nguesso (Congo), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Ali Bongo (Gabon), José Eduardo Dos Santos (Angola) ou encore Jacob Zuma (Afrique du Sud).

 

La France, ancienne puissance coloniale, sera représentée par son ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, prêt à annoncer « un renforcement de la coopération française en Guinée », selon Paris.
A 72 ans, Alpha Condé va gouverner pour la première fois, lui qui s’est opposé à toutes les dictatures depuis l’indépendance du pays en 1958.

Condamné à mort sous le régime du président à vie Ahmed Sékou Touré (1958-1984), il avait ensuite été emprisonné pendant plus de deux ans sous le règne du général Lansana Conté (1984-2008).
C’est justement devant le magistrat qui l’avait fait condamner en 2000 à cinq ans de réclusion criminelle « pour atteinte à la sûreté de l’Etat » –l’actuel président de la Cour suprême Mamadou Sylla– qu’Alpha Condé va prêter serment, au Palais du peuple.

Ce même palais où, en 2004, le général Lansana Conté s’était fait investir président après un simulacre d’élection, ayant recueilli 95% des voix face à un unique candidat quasiment inconnu.
Conté a régné au total 24 années, jusqu’à sa mort en décembre 2008, aussitôt suivie d’un coup d’Etat. Le capitaine Moussa Dadis Camara a alors pris la tête d’une junte pour quasiment une année de gestion calamiteuse et surréaliste, marquée par le massacre de plus de 150 opposants, jusqu’à une tentative d’assassinat dirigée contre lui.
Enfin, au tout début de l’année 2010, l’ancien putschiste Sékouba Konaté a été chargé de mener le pays à la première élection libre.
Dans un décret publié lundi soir, le général Konaté a souligné que la transition était finie et que l’investiture de Condé marquait « le retour à l’ordre constitutionnel ».

Au second tour de la présidentielle, le 7 novembre, Alpha Condé a recueilli 52,5% des suffrages contre 47,5% à l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo qui a accepté les résultats définitifs même s’il a dénoncé des fraudes.
M. Diallo, actuellement à l’étranger, n’assistera pas à l’investiture de son ancien rival et a déjà fait savoir qu’il ne voulait pas « travailler avec lui ».
Alpha Condé doit mettre en place très rapidement un « gouvernement d’union nationale » qui regroupera, selon lui, « toutes les composantes de la nation », en attendant qu’une date pour les élections législatives soit fixée.

Il a déjà plaidé pour la mise en place d’une « conférence vérité-réconciliation afin que les Guinéens se disent les vérités » sur les crimes commis depuis l’indépendance. Et il s’est dit déterminé à « réformer l’armée », pléthorique, qui absorbait un tiers du budget de l’Etat.
Cette première élection démocratique a valu à la Guinée d’être réintégrée dans l’Union africaine, après deux ans de suspension.

Le pays – en faillite mais doté d’immenses réserves minières que se disputent les multinationales – peut aussi espérer bénéficier de centaines de millions de dollars d’aide extérieure, bloqués depuis le putsch de 2008.

AFP

 

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