Il ne se reconnait ni par l’odeur, ni par la couleur, mais...

Il ne se reconnait ni par l’odeur, ni par la couleur, mais il tue

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-Par Mohamed Bouzakri-.

Le monoxyde de carbon ne se reconnait en effet ni par l’odeur, ni par la couleur, et l’intoxication qu’il provoque ne se manifeste pas non plus par des signes annonciateurs.

Plus que cela, elle occasionne des troubles de conscience qui empêchent de sortir de l’ambiance contaminée.

Les sources génératrices de monoxyde de carbone sont quant à elles nombreuses et diverses, allant des dispositifs de chauffage tradtionnels comme le « kanoun », aux chauffe-eau les plus sophistiqués, en passant par les émanations des pots d’échappement des voitures, les fumées, notamment de cigarettes. Les lieux fermés et les ambiances confinées constituent, eux aussi, des facteurs aggravants pour toutes ces sources.

L’intoxication au monoxyde de carbon au Maroc « chauffe eau A à Z », a fait l’objet, jeudi à Rabat, d’une journée organisée par le Centre Anti poison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM).

La lutte contre ce fléau nécessite de renforcer le système d’information existant et de déterminer un bouquet d’indicateurs pertinents de suivi pour améliorer les connaissances du public sur les facteurs d’exposition et sur les populations à risque, ressort-il de « Toxicolologie », une publication officielle du CAPM.

Il est nécessaire également de développer une stratégie de lutte intégrée et dynamique impliquant tous les acteurs concernés et ce avec la participation des associations des consommateurs, des commerçants des appareils de chauffage, des architectes et des entrepreneurs, note le document.

Cette rencontre a été une occasion pour attirer l’attention de la population, des commerçants, des fabricants, des installateurs et des différents intervenants sur le danger que représente l’usage non sécurisé des chauffe-eaux.

L’utilisation de ce genre d’appareil nécessite un maximum de vigilance et un respect strict des consignes de sécurité lors de l’installation.

Cette journée a permis également de se renseigner sur les consignes à suivre pour éviter l’intoxication au monoxyde de carbone. Ainsi, certains réflexes sont à prendre pour éviter une catastrophe : faire vérifier chaque année ses installations de chauffage par un professionnel, aérer régulièrement son logement et ne surtout pas boucher les grilles d’aération, faire ramoner conduits et cheminées par un professionnel, n’utiliser que quelques heures par jour les appareils de chauffage d’appoint (gaz, pétrole…).

Lorsqu’une personne est intoxiquée par ce gaz, certains symptômes apparaissent. Si l’intoxication est faible ou chronique, elle se manifeste par des maux de tête, des nausées et de la fatigue. Si l’intoxication est grave, elle entraîne des vertiges, des troubles du comportement, des pertes de connaissance, le coma ou le décès.

En cas d’accident, il faut ventiler les locaux en ouvrant portes et fenêtres, arrêter tous les appareils à combustion et appeler les secours.

Le CAPM a enregistré, en 2010, 1.534 cas d’intoxications par le monoxyde de carbone, dont 29 décès.

Le ministère de la Santé a mis en place, en 2008, une stratégie nationale de lutte contre les intoxications au monoxyde de carbone et des décès qu’il engendre.

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