Intégrité territoriale, démocratie et développement

Intégrité territoriale, démocratie et développement

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L’initiative audacieuse de Mostfa Salma Ould Sidi Mouloud de rejoindre les camps de Tindouf, après un séjour édifiant dans les provinces du Sud, avec la ferme décision d’expliquer et de défendre, contre vents et marrées, le bien-fondé de la proposition marocaine d’autonomie dans ces provinces, est un indicateur sérieux qui ne trompe nullement sur la hausse d’un cran de la prise de conscience par les habitants des camps de la nécessité d’un changement radical, notamment dans la façon de percevoir l’avenir.

La démarche inédite de Mostpha s’illustre comme un épisode émouvant et déterminant où culmine, en attendant le dénouement proche, la débandade et la saignée des rangs du «polisario» et l’effilochement de la fantoche «rasd». C’est un nouveau pas, distinct, franchi dans le processus d’un rétablissement spontané d’une situation factice créée, en désespoir de cause, par un voisin par trop amer d’avoir un jour, par sa faute, été meurtri. C’est en tout cas, ce que retiendra l’Histoire revisitée et corrigée quand des gouvernants plus sages présideront à la destinée du pays frère, l’Algérie.

La question de notre intégrité territoriale, point de ralliement de pratiquement toutes les composantes de la nation, est maintenant une proposition d’autonomie des provinces du Sud, support de négociations sous les auspices de l’ONU. Une fois ces négociations ont été ouvertes, c’est un point de non-retour qui a été franchi. Le dialogue direct a supplanté tout autre procédé belliqueux ou simplement impropre dans la quête d’une solution équitable et pérenne. Ce dialogue, piétinant encore, ne peut le demeurer sans provoquer une réaction de la part d’une communauté internationale amplement séduite par le sérieux et la faisabilité de la proposition marocaine et donc explicitement ou implicitement acquise à notre cause, qu’armés d’esprit de justesse et d’arguments inattaquables, nous jugeons juste.

Mais, en attendant de voir l’issue réelle de ces négociations et le sort qui sera définitivement réservé par l’instance onusienne à la proposition d’autonomie, le Maroc ne reste pas les bras croisés.

Préoccupé autant par son développement que par l’extension de celui-ci à toutes ses cités, campagnes et contrées, le Maroc a procédé aux démarches devant préluder à l’instauration d’une régionalisation avancée, qui ne perd pas de vue, ce qui est l’apanage de toute nation qui tient à son identité, ses riches et particulières spécificités.

Il s’en déduit que les habitants des provinces du Sud pourront accéder au statut d’auto-gestion. Et de fil en aiguille, les séparatistes se rendront compte de visu que les conditions offertes par la mère-Patrie ne sont point à dédaigner… Rendez-vous donc aux échéances correspondantes.

La question de notre intégrité territoriale, c’est également Sebta, Mellilia et les îles avoisinantes. Là encore, le Maroc fait preuve d’une tempérance doublée de sagacité, en recourant, en dépit des récalcitrants (un certain courant nostalgique du franquisme), au raffermissement des relations maroco-espagnoles et en usant de la manière la plus judicieuse, celle de privilégier la voie de la persuasion. Pour ce faire, il joint l’acte à la parole dans un effort de développement dont les prémices commencent à convaincre les septiques du devoir de reconsidérer leur jugement.

Si le président du PP, Mariano Rajoy, en plein acte de profanation à Mellilia, n’a pas pu s’empêcher de reconnaître que «ce qui unit le Maroc et l’Espagne est bien plus important que ce qui les sépare», c’est qu’il a bien dû changer d’avis quant au degré déjà atteint, par le Maroc en un laps de temps assez court, sur plusieurs fronts où bataille est menée contre les multiples formes de sous-développement et quant aux perspectives qui commencent à poindre pour notre pays, outre celles déjà appréciables et appréciées.

Sur le chapitre du développement, la décennie écoulée a vu naître autant et plus de grands chantiers que durant la période avant, depuis l’Indépendance. A ce titre, à lui seul, le port Tanger-Med est une gigantesque réalisation accomplie en un temps record eu égard aux moyens du pays. La chaîne satellitaire TV5, le présentant ainsi dans un reportage éloquent, souligne qu’une fois totalement opérationnel, ce port absorbera toute la main-d’œuvre disponible dans la région. Or, ce n’est qu’une réalisation parmi une flopée d’autres.

S’inscrivant dans le cadre de la démocratie sociale, l’INDH est qualifiée par nombre d’observateurs internationaux de concept intelligent et les milliers de bénéficiaires de ce «programme» de lutte contre l’exclusion et la marginalisation ne cachent nullement leur satisfaction à celui qui se donne la peine de leur tendre l’oreille.

Enfin, au moment où les parlementaires fédéraux belges s’apprêtaient à s’activer pour que soit garantie la sécurité de circulation de Mostapha et la sauvegarde de son intégrité physique, une délégation de sénateurs français effectuait une visite de reconnaissance à Laâyoune, Boujdour et Saqiat Al Hamra  (Dakhla devait suivre), et s’est prononcée en faveur des réalisations accomplies tous azimuts. Pendant ce temps, une quinzaine d’africains de différentes nationalités entamait tout un périple en guise d’appui à la proposition d’autonomie dans les provinces du Sud. Voilà, succinctement, quelques indicateurs sur le degré de sérieux qui marque la démarche marocaine au sujet de son Sahara.

Les voix discordantes, qui mettent en doute et la volonté du Maroc d’évoluer dans le bon sens et l’effort qui emboîte le pas à cette volonté, doivent s’imposer le respect de la cause première de la nation et cesser d’être à l’origine de distraction fâcheuse. Leurs auteurs seront mieux avisés de contribuer positivement à l’élan générateur dans lequel le pays s’est engagé…

Mohammed SEDRATI

 

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