Iowa 2012 : la course républicaine est lancée

Iowa 2012 : la course républicaine est lancée

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C’est une tradition bien établie. Depuis 40 ans, tout démarre dans l’Iowa, cet Etat rural pas très peuplé du Middle West, qui enverra à la Convention républicaine de Tampa, fin août, 28 délégués, soit 1% de l’ensemble des émissaires des Etats chargés de désigner le candidat national du parti, mais qui se taille tous les quatre ans un moment de gloire sans rapport avec son poids réel.

Pour le politologue Larry Sabato, de l’Université de Virginie, « les caucus de l’Iowa sont importants pour une raison : ils sont les premiers à avoir lieu. Sinon, poursuit-il, je ne pense pas qu’on s’y intéresserait beaucoup parce que l’Iowa n’est pas très représentatif du pays. Par exemple, c’est un Etat dont les habitants sont blancs dans leur immense majorité, alors qu’il y a aux Etats-Unis de grandes proportions d’Afro-Américains, ou d’Hispaniques… Je ne me fierais jamais aux résultats de l’Iowa pour prédire qui va gagner la nomination républicaine. C’est plutôt l’occasion d’identifier ceux qui sont en queue de peloton et qui ont vocation à être éliminés rapidement ».

Ils sont six, justement, ce mardi 3 janvier 2012, à briguer les suffrages des électeurs républicains de l’Iowa ; ou plutôt des militants qui voudront bien se déplacer car ils n’étaient que 120 000, sur 3 millions d’habitants, à participer en 2008 à ces rassemblements, plus informels que des élections primaires à proprement parler, censés départager les candidats au niveau de l’Etat. Et les chances de gagner des candidats qui ont tour à tour eu la vedette – Michele Bachman, Rick Perry, Newt Gingrich, sans parler d’Herman Cain qui s’est retiré de la course – apparaissent aujourd’hui bien minces. Leur temps est passé, vite passé, et un retour de flamme en leur faveur semble bien improbable…

La percée de Rick Santoum

Aujourd’hui, ce sont deux outsiders qui pourraient créer la surprise. D’abord l’ancien sénateur de Pennsylvanie Rick Santorum, dont Larry Sabato explique la percée par le hasard des toquades successives de républicains désorientés : « Le fait est que les républicains ont consommé, usé, tous les autres, tous les candidats anti-Romney, et que Santorum est le dernier. Et puis, à son crédit, il a fait campagne à l’ancienne dans l’Iowa, en allant de comté en comté, de meeting en meeting, de maison en maison ».

Rick Santorum est le candidat qui a le plus méthodiquement « travaillé » l’Iowa. « La plupart des candidats n’ont pas fait beaucoup de terrain cette année, remarque Larry Sabato. Or, le processus de sélection commence dans de petits Etats parce que, en théorie, les gens peuvent y approcher les candidats, les rencontrer personnellement, les examiner de près, et les voir sous un jour interdit de fait aux habitants des grands Etats comme la Californie, ou New York ».

Deuxième outsider à l’étoile grandissante : le vieux libertarien Ron Paul, dont le programme original attire de jeunes fidèles notamment, mais qui, pas plus que Rick Santorum, n’est susceptible de rassembler, y compris dans son camp. Comme l’explique Tom Mc Grath, de Republicans Abroad, « il a une politique étrangère et de défense nationale qui se situe à peu près à l’opposé de ce que pensent la plupart des républicains ».

Mitt Romney et les indépendants

Reste l’inévitable Mitt Romney, qui demeure le favori de l’ensemble du processus des primaires, mais un peu par défaut. Il n’enthousiasme guère, et surtout pas dans l’Iowa bien pensant et religieux. Mais il est perçu de façon croissante comme le seul capable de battre Barack Obama. D’après Vincent Michelot, professeur à Sciences Po Lyon, il a l’avantage – et l’inconvénient vis-à-vis des républicains les plus intolérants – d’avoir « gouverné l’Etat très progressiste du Massachusetts, à une époque où il était sur des positions beaucoup plus souples, notamment sur l’avortement, sur le mariage homosexuel et sur l’assurance-maladie ».

Loin de la vision ultraconservatrice des Tea Party, Mitt Romney a su faire preuve de pragmatisme. Tom Mc Grath, qui voit au-delà de l’investiture républicaine, le considère comme le seul capable de séduire les électeurs indépendants, qui ne sont affiliés à aucun des deux grands partis. « Ces indépendants sont 25 à 30% du corps électoral américain. Ils ont voté assez massivement en 2008 pour Barack Obama, mais ils ont basculé depuis dans le camp républicain ». Ils feront une fois de plus l’élection, pourvu qu’on ne leur propose pas de candidat-repoussoir.

Mitt Romney ne l’emportera peut-être pas ce 3 janvier dans l’Etat si particulier de l’Iowa, même si les sondages l’y créditent d’une cote en hausse. Mais pour le moins il n’y sombrera pas, en attendant une primaire qui lui soit plus favorable, celle du New Hampshire dès le 10 janvier. Il passe pour le plus éligible face à Barack Obama, un trait qui séduit les républicains modérés en prévision d’une campagne qui sera lourdement axée sur l’économie.

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