Irak: au moins 68 morts dans des attentats visant des chiites

Irak: au moins 68 morts dans des attentats visant des chiites

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Ce bilan est le plus lourd en une journée depuis le 15 août 2011, lorsqu’une série d’attentats dans plusieurs villes du pays avait fait au moins 74 morts.

Ces attentats interviennent moins de trois semaines après la fin des opérations de retrait de l’armée américaine.

Un kamikaze a fait exploser sa bombe près de Nassiriya (sud) au milieu d’un groupe de pèlerins qui se rendaient à pied dans la ville sainte de Kerbala pour des célébrations de l’Arbaïn, un deuil religieux chiite commémorant la mort à Kerbala de l’imam Hussein, fils d’Ali et petit-fils de Mahomet, en 680.
« Les hôpitaux de Nassiriya ont reçu 45 morts et 68 blessés », a déclaré un médecin des services de santé de la province de Zi Qar, Hadi Badr el-Riyahi, révisant un précédent bilan. Ces chiffres ont été confirmés par un responsable de sécurité.

Dans la capitale, les attentats ont visé deux quartiers chiites emblématiques: Kazimiya, où se trouve le mausolée du 7ème imam, Moussa al-Kadoum, et Sadr City, le plus grand quartier chiite de la capitale.

A Kazimiya, deux voitures piégées ont explosé vers 09H00 (06H00 GMT) à des carrefours proches. Elles ont fait au moins 14 morts et 31 blessés selon des sources aux ministères de la Défense et de l’Intérieur.

A Sadr City, une moto piégée a explosé vers 07H00 (04H00 GMT) près d’un groupe de journaliers, faisant 7 morts et 20 blessés, selon le responsable du ministère de l’Intérieur.

Peu après, deux bombes dissimulées en bord de route ont explosé près du principal hôpital du quartier au moment où les blessés y étaient conduits, faisant deux morts et 15 blessés supplémentaires, selon la même source.

Le ministère de la Défense a confirmé un bilan de neuf morts et 35 blessés pour les explosions de Sadr City.
« Où sont les forces de sécurité ? Où sont les points de contrôle ? Comment cette voiture piégée a-t-elle pu exploser ici », tempêtait, furieux, Achour Abdoullah, un homme de 60 ans près du site des explosions à Kazimiya où s’activaient secours et forces de l’ordre.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, a condamné des attentats « visant à provoquer des affrontements inter-religieux dans ce pays important de la région ».
Le représentant de l’ONU en Irak, Martin Kobler, les a lui aussi condamnés « dans les termes les plus forts ».
« J’appelle tous les Irakiens à rester fermes face à ceux qui usent de la violence sous ses pires formes pour empêcher le pays et son peuple de réussir en tant que nation démocratique, stable, sûre et prospère », a-t-il dit selon un communiqué.
Ces attaques interviennent en pleine crise politique entre les blocs politiques sunnites et chiites. Plusieurs responsables politiques ont exprimé ces derniers jours leur crainte de voir ressurgir les terribles violences confessionnelles qui avaient fait des dizaines de milliers de morts en 2006 et 2007.
Le conflit actuel s’est déclaré lorsque le bloc parlementaire Iraqiya, soutenu par les sunnites, a entrepris à la mi-décembre de dénoncer en termes très forts les méthodes autoritaires du Premier ministre chiite, Nouri al-Maliki.
Il a été aggravé par le mandat d’arrêt pour complot lancé quelques jours plus tard à l’encontre du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, qui se trouve actuellement au Kurdistan irakien (nord).
« Les responsables politiques luttent entre eux pour le pouvoir et nous en payons le prix », s’est lamenté Ahmed Khalaf, un des journaliers présents sur le site des explosions à Sadr City. « Est-ce de notre faute si Hachémi est recherché, ou si d’autres personnes sont recherchées ? Pourquoi devons-nous payer à leur place ? »

 

 

AFP___________________

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