Irak: le trafic commercial reprend sur le Chatt al-Arab après 3 décennies

Irak: le trafic commercial reprend sur le Chatt al-Arab après 3 décennies

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« Le Chatt al-Arab renaît aujourd’hui après une fermeture de 31 ans », a indiqué Mehdi Badah Hussein, chef du comité conjoint pour le développement du champ pétrolier de Majnoun, exploité conjointement par la compagnie anglo-néerlandaise Shell, les Malaisiens de Petronas et le gouvernement irakien.

« Il y a déjà d’autres ports sur le Chatt al-Arab mais commercialement, c’est la première fois que l’Irak réussit à transformer cette voie d’eau en passage maritime qui va permettre le transport d’équipements lourds », a-t-il ajouté.

Nashwa est « le premier port (sur cette voie d’eau) qui va permettre à des navires venus du monde entier et transportant de l’équipement lourd d’utiliser ce fleuve depuis 31 ans. La jetée mesure entre 20 et 30 mètres », a indiqué Ole Myklested, directeur général de Shell pour le champ pétrolier de Majnoun.

Shell a construit ce port et, selon lui, un premier bâtiment a utilisé cette voie d’eau le 5 janvier, mais la cérémonie officielle a eu lieu mardi.

« Le passage jusqu’à Nashwa sera long de 80 km et la profondeur variera entre 4 et 7 mètres. Les navires acquitteront leurs taxes à Oum Qasr avant de s’engager dans cette voie d’eau », a précisé Dhia Khalil, un ingénieur irakien membre du comité conjoint.

« Shell a payé tous les travaux qui ont commencé en mai 2011″, a indiqué Khalaf Wadi, le chef adjoint de la Compagnie pétrolière du SUD (SOC, public) sans vouloir préciser le montant.

« Nous espérons que cette voie d’eau servira par la suite aux Irakiens pour transporter des produits », a déclaré dans son discours M. Myklested faisant allusion au transport par cette voie d’eau de dattes comme c’était le cas dans les années 70 avant que n’éclate la guerre avec le voisin iranien. Il a précisé que cette voie maritime ne servira pas à transporter du pétrole.

Formé de la confluence entre le Tigre et l’Euphrate, le Chatt al-Arab, long de 200 km, débouche sur le Golfe et constitue une frontière entre l’Irak et l’Iran. Il a été un enjeu de la guerre entre les deux pays entre 1980 et 1988.

Le consortium composé de l’Anglo-Néerlandais Shell et du Malaisien Petronas avait remporté en décembre 2009 l’exploitation du champ pétrolier géant de Majnoun, dans le sud de l’Irak.

Shell (45%), Petronas (30%) et la compagnie pétrolière irakienne du sud (SOC, 25%) doivent porter la production à 1,8 million de barils/j.

Les réserves de Majnoun sont estimées à 12,58 milliards de barils et cet immense champ du sud de l’Irak, situé près de la frontière avec l’Iran, ne produit actuellement que 45.900 b/j.

Selon plusieurs employés de la SOC, ce champ s’appelle Majnoun, qui signifie fou en arabe, car « c’est fou la capacité de pétrole que recèle un endroit aussi étroit » et parce que « vous avez l’impression ici que le pétrole essaie de jaillir partout ».

Sur ce champ, des engins tentent de nettoyer le terrain truffé de mines, souvenir de la guerre avec l’Iran. « Jusqu’à présent nous avons pu déminer seulement 8 km2, mais il faudra des années avant que l’endroit soit totalement propre », a affirme Simon Mawdslag, coordonnateur pour Shell du nettoyage des explosifs et restes de la guerre.

Majnoun a été découvert en 1975 par la compagnie brésilienne Petrobras qui avait du interrompre ses travaux en 1980 à cause de la guerre après avoir foré 20 puits. Les Iraniens avaient brièvement occupé l’endroit. En 1990, la compagnie française Total avait négocié un contrat d’exploitation avec Saddam Hussein mais n’avait pas pu le signer en raison des sanctions internationales contre l’Irak après l’invasion du Koweït.

 

AFP___________

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