Iran : morne début de campagne avant les législatives du 2 mars

Iran : morne début de campagne avant les législatives du 2 mars

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Dans les rues de Téhéran, il n’y a encore aucune effervescence électorale. Et pour cause, les débats politiques n’ont opposé jusqu’à présent que le camp conservateur au pouvoir. « C’est la première fois depuis la révolution qu’une faction, les réformistes, ne participe pas aux élections, ce qui montre le fractionnement de plus en plus grand du régime », explique la chercheuse Azadeh Khian.

Les réformateurs absents

Trois ans après la vague de contestation, qui avait suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad, les réformateurs, laminés par la répression de ces trois dernières années, brillent par leur absence ou appellent au boycottage. Il est vrai aussi que leurs deux principaux mouvements ont été interdits et leurs chefs de file envoyés en prison ou en résidence surveillée.

La mouvance réformatrice sera toutefois présente grâce à des petits partis, qui présentent quelques listes à Téhéran et en province, pour maintenir leur présence dans le prochain Majlis, le Parlement iranien, que se dispute surtout des conservateurs particulièrement divisés. Partisans et opposants du président Ahmadinejad s’affrontent via une nébuleuse de coalitions. Alors que le Guide avait appelé à l’union des conservateurs ; pas moins de huit listes différentes représentent les conservateurs et les ultras, « preuve des dissensions grandissantes », analyse la spécialiste de l’Iran, Azadeh Khian.

Le « Front uni des conservateurs » s’oppose au tout aussi conservateur « Front de la persistance de la révolution islamique ». Mais alors que ce deuxième mouvement est favorable au président contesté, la faction rivale présidée par un ayatollah « a pour objectif de mettre à l’écart la bande d’Ahmadinejad ». « Pour eux, rappelle encore Azadeh Khian, c’est le pari de cette élection », qui est un test avant la présidentielle de 2013.

Au delà des rivalités politiques, il est peu question d’économie. Pourtant, c’est bien l’isolement international croissant du pays, dû à la poursuite du programme nucléaire, qui pèse de plus en plus sur la vie quotidienne des Iraniens. « Les Iraniens ordinaires ont d’autres préoccupations : la situation économique désastreuse, la cherté de la vie, les conséquences des sanctions internationales qui pèsent sur le quotidien. La population iranienne doit survivre au quotidien, joindre les deux bouts », précise la chercheuse.

Quel taux de participation ?

« Ces élections ne les intéressent pas plus que le nucléaire », assure Azadeh Khian qui relève qu’en revanche « les tensions grandissantes entre l’Iran et Israël, l’Iran et les Etats-Unis et l’Europe sont du pain béni pour le Guide et les conservateurs ». Voilà autant de prétextes pour dire aux électeurs de venir voter, afin de limiter les risques d’attaque militaire contre leur pays.

Dans ce contexte, l’enjeu pour le régime sera le taux de participation. Car ce ne sont pas seulement les réformistes qui refusent de participer au scrutin du 2 mars prochain, mais aussi l’ensemble des Iraniens qui ont participé au Mouvement vert de juin 2009. Les autorités savent très bien que l’abstention sera élevée.

« Il ne faut pas oublier que la province de Téhéran est la plus importante en nombre d’électeurs et que c’est dans cette province que le Mouvement vert a été le plus fort. Et que c’est aussi le cas dans les grandes villes comme Ispahan », souligne Azadeh Khian. Les statistiques officielles assurent qu’un minimum de 51% des électeurs va se déplacer aux urnes, mais la chercheuse est convaincue que « compte tenu de l’importance de l’opposition et du fait que beaucoup de provinces ethniques ne devraient pas participer, il ne devrait pas y avoir plus de 30% de participation ».

rfi.fr________

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