Italie/immigrés: test d’italien obligatoire

Italie/immigrés: test d’italien obligatoire

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Svetlana, venue de Moldavie il y a sept ans et aide à domicile, est extrêmement motivée: « je fais ce test également pour me mettre à l’épreuve », explique-t-elle à l’AFP-TV. Le ministère de l’Intérieur a recensé 6.764 candidats depuis l’ouverture des inscriptions le 9 décembre. Les aspirants à un séjour de longue durée (qui doivent prouver 5 ans de résidence en Italie) sont en premier lieu Albanais (plus de 900 demandes de tests), suivis de près par les Marocains, Ukrainiens, Moldaves, Equatoriens, Philippins et Péruviens.

Ce matin-là, ils sont une vingtaine d’adultes des Philippines, du Honduras, de Chine et de Moldavie, à croiser derrière une vitre le regard étonné des élèves de l’école primaire Di Cambio-Beato Angelico de Florence. Les épreuves ressemblent à celles du baccalauréat: contrôle d’identité, tables séparées, stylo distribué au début du test, pas de pause-pipi. La directrice Eda Bruni les rassure gentiment: « Vous verrez, ce n’est pas un test difficile, c’est vraiment fait pour vous aider ».

L’examen consiste en deux épreuves écrites, faire une demande pour obtenir un document et écrire une carte postale ou répondre à un courriel, auxquelles s’ajoute un test oral de compréhension d’une bande enregistrée. Le visage caché par une casquette, un candidat chinois confie en bredouillant son inquiétude: « Parler ça va…mais écrire, pour moi c’est très difficile ».

Pour Svetlana qui parle aussi roumain, une langue assez proche de l’italien, ou Mario, avantagé par l’espagnol, le test ne présente pas de grosses difficultés. Svetlana dit avoir appris l’italien « petit à petit » et s’est perfectionnée en « lisant des livres et les journaux », Mario a lui fait ses armes « au travail, au bar, dans la rue ». Souvent décriées par les associations de défense des droits de l’homme, ces épreuves ont fait leur apparition en Europe il y a plusieurs années.

Parmi les précurseurs: les Pays-Bas et l’Allemagne. L’Italie, avec la Grande-Bretagne, est l’un des derniers pays européens à en faire la condition obligatoire à un permis de séjour longue durée. Ici, pas de vague d’indignation comme cela fut le cas en France même si ces tests sont vus par certains comme un moyen de restreindre le droit des étrangers à rester en Italie.

Pour Svetlana et Mario, rien de choquant dans cette mesure décidée par le gouvernement de droite de Silvio Berlusconi dans lequel pèse fortement le parti Ligue du nord, populiste et au discours volontiers anti-immigrés.  « Moi je pense qu’ils font ça pour l’intégration. Et c’est vrai que si quelqu’un veut rester à long terme en Italie, il doit au moins maîtriser correctement la langue. Ça me semble normal », explique Mario. « S’ils échouent, ils peuvent retenter l’examen mais s’ils n’y arrivent pas, alors ils perdent leur droit à être ici. Autant dire que c’est vraiment important », souligne Patrizia Margiacchi, professeur d’italien langue étrangère.

Selon les autorités, sur la centaine de candidats ayant passé les tests, une poignée seulement les ont raté, pratiquement tous parce qu’ils étaient analphabètes dans leur propre langue.

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