Japon: le retour au pouvoir de la droite

Japon: le retour au pouvoir de la droite

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Les Japonais se sont réveillés ce lundi 17 décembre avec un goût amer. Ils ont rejetté un parti démocrate de centre gauche qui leur avait promis de réduire l’influence démesurée de la bureaucratie sur le pays. Et la bureaucratie s’est employée à saborder toutes les initiatives du parti de centre gauche, car cette bureaucratie était habituée, avant cette alternance, à vivre de façon incestueuse, avec un parti conservateur qui a dominé la vie politique japonaise pendant un demi-siècle.

Le Parti démocrate de centre gauche avait aussi promis de lutter contre l’appauvrissement de la classe moyenne, et de sortir, après l’accident de Fukushima, le pays du nucléaire. Trois ans plus tard, après avoir consumé trois Premiers ministres, aux yeux des Japonais, cette expérience réformiste de centre gauche se solde par une immense faillite et le parti de centre gauche au pouvoir en paie le prix.

Et dès l’annonce des résultats, le chef de la droite, Shinzo Abe, probable futur Premier ministre, a tenu des propos très fermes à l’égard de la Chine. Ce retour au pouvoir de la droite ne risque pas d’apaiser les tensions avec les voisins chinois.

Shinzo Abe n’est pas un homme populaire parmi les Japonais qui ont pourtant voté massivement pour lui, pour un retour à l’ordre ancien. Shinzo Abe veut adopter une ligne plus forte par rapport à la Chine. Il veut réviser la Constitution pacifiste japonaise, pour permettre l’intégration de l’armée japonaise dans la stratégie américaine offensive en Asie, pour faire face à la montée en puissance de la Chine.

Les Japonais ne demandent pas ça à Shinzo Abe. Ils ne veulent pas d’une aggravation de la crise autour de ces îles Senkaku, avec le géant chinois. Les Japonais demandent de mettre fin au déclin graduel et relatif du Japon depuis un quart de siècle. Ils ont voté pour une sortie d’une économie qui oscille entre déflation, baisse généralisée des prix et récession depuis quinze ans.

La question nucléaire n’a joué aucun rôle dans cette élection. Les conservateurs vont réactiver les réacteurs à l’arrêt. L’ancien Premier ministre Naoto Kan, qui avait donné de lui à l’étranger l’image d’un premier chef de gouvernement anti-nucléaire au Japon, après avoir ordonné l’arrêt d’une centrale au sud de Tokyo, n’a pas été réélu.

Les Japonais, en dépit des risques sismiques, savent très bien que l’économie est trop faible aujourd’hui pour continuer d’importer au prix fort d’énormes quantités de gaz et de pétrole pour alimenter les centrales thermiques. La balance commerciale japonaise est devenue nettement déficitaire pour la première fois depuis 1980.

 

rfi.fr/ actu-maroc.com

 

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