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Jordanie: le roi nomme un nouveau Premier ministre à la suite de manifestations

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Le roi a demandé à M. Bakhit, un ancien Premier ministre (2005-2007), « de prendre des mesures rapides et claires pour des réformes politiques réelles qui reflètent notre vision pour des réformes générales modernes soutenant notre action en faveur de la démocratie », dans sa lettre de désignation, selon le palais.
Une désignation immédiatement critqiuée par le Front de l’Action Islamique (FAI), principal parti d’opposition en Jordanie, qui a estimé qu’il n’était « pas un réformateur ».
« Maarouf Bakhit a conduit les pires élections législatives en Jordanie » lors de son mandat de Premier ministre en 2007 et « il n’est pas un réformateur », a déclaré M. Zaki Bani Rsheid, membre du comité exécutif du FAI.
Plusieurs manifestations ont eu lieu en janvier en Jordanie pour réclamer la démission de M. Rifaï, à la tête du gouvernement depuis un peu plus d’un an, en raison de la politique économique de son gouvernement.
« Nous voulons des réformes qui ouvrent la voie à notre peuple vers plus d’opportunités et une vie décente qu’il mérite », a ajouté le roi.
La nomination de M. Bakhit, 64 ans, un ancien militaire, ambassadeur en Turquie (2002) puis en Israël (2005) devrait calmer la rue en Jordanie, où il jouit d’une grande popularité.
Maarouf Bakhit a fait carrière dans l’armée et a le grade de général. Il a en outre été coordinateur des pourparlers de paix dès sa mise à la retraite en 1999. La Jordanie et Israël ont signé la paix en octobre 1994.
M. Bakhit a ensuite été nommé ambassadeur en Turquie, puis en Israël où il n’est resté que sept mois. Le roi l’avait en effet rappelé pour le nommer directeur de son bureau et adjoint à la Sécurité nationale.
Cet « homme de confiance » du roi, avait été nommé Premier ministre en 2005, deux semaines après un triple attentat suicide à Amman en novembre qui avait fait 60 morts.
Son gouvernement avait entamé un vaste programme de réformes, mais avait reçu instruction du roi surtout de « mener une guerre sans merci contre les groupes extrémistes et contre leur idéologie ».
Le Front de l’Action islamique (FAI), principal parti d’opposition en Jordanie a souligné lundi à l’AFP que, contrairement à l’Egypte, l’opposition n’appelle pas à un changement de régime dans le royaume mais demande des réformes politiques, ont indiqué lundi des responsable du FAI.
Une délégation du FAI a rencontré dimanche le Premier ministre Samir Rifaï. « Une pétition réclamant notamment la démission du gouvernement, l’amendement de la loi électorale, la formation d’un gouvernement de salut national et l’élection du Premier ministre » lui a été remise, selon un responsable du FAI.
M. Rifaï, 43 ans, avait formé son cabinet en décembre 2009. Il a été reconduit dans ses fonctions en novembre à la suite des élections législatives. Son gouvernement avait obtenu un vote de confiance massif de la Chambre (111 voix sur les 120) celle ci étant formée, à une majorité écrasante, de loyalistes proches du pouvoir.
Ce vote a été fortement critiqué par les Jordaniens qui ont considéré que la Chambre a perdu toute crédibilité.
Les islamistes qui ont boycotté les élections pour protester contre la loi électorale qu’ils considèrent être à leur désavantage, ont appelé à dissoudre la Chambre, et à organiser de nouvelles élections après un amendement de cette loi.
Le Parlement a entamé des discussions sur l’amendement de la loi, suite à des directives en ce sens du roi.

AFP

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