Karim Ghellab : Promouvoir une approche participative

Karim Ghellab : Promouvoir une approche participative

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Le nouveau président de la Chambre des représentants, Karim Ghellab, s’est déclaré déterminé à promouvoir une approche participative et consultative concernant les initiatives et réformes devant être menée par l’Institution législative, en contribution à la construction démocratique dans le Royaume.

Dans un entretien à la MAP, Ghellab précise avoir déjà inauguré cette méthodologie partant de l’importance que revêt l’institution, dans le sillage du référendum constitutionnel de juillet dernier et des législatives du 25 novembre, notant que l’ambition des députés et des acteurs politiques est de consacrer le statut institutionnel et juridique de la Chambre et de revaloriser son image auprès des citoyens.

C’est dans ce sens qu’il considère comme fondamentale la révision du règlement intérieur de la Chambre, dans le cadre d’une panoplie de mécanismes opérationnels et de dispositions organisationnelles afin de parvenir à une mise en adéquation optimale entre l’arsenal juridique et les préoccupations des Marocains, tout en veillant au renforcement des ressources humaines de l’Institution par des compétences spécialisées dans les sciences économiques, politiques, juridiques et sociales.

Au regard de la vitalité des données échangées entre les Commissions, les groupes, le bureau et l’administration, Ghellab a indiqué que l’accent sera mis sur le développement des systèmes informatiques dans le fonctionnement de la Chambre, soulignant qu’une vision préliminaire a été élaborée à cet effet par une Commission comprenant les représentants de l’ensemble des groupes parlementaires.

Une réunion sera tenue, mercredi prochain, avec les groupes parlementaires pour élaborer une vision définitive et, dans le cas d’un accord sur ce point, le projet de règlement intérieur sera soumis au vote en séance plénière, a-t-il poursuivi.

La modification du règlement intérieur se effectuée en deux étapes : la première portera sur la mise en œuvre des dispositions de la nouvelle Constitution pour pouvoir lancer les travaux de la Chambre, tandis que la seconde tournera autour de la révision du mode des questions orales, de la présence des membres de gouvernement et la complémentarité avec la Chambre des conseillers, en s’inspirant des expériences des pays démocratiques, a-t-il expliqué.

S’agissant de l’absentéisme des députés, Ghellab a relevé que le règlement intérieur comportera, en conformité avec la Constitution, des mesures à même de lutter contre ce phénomène, notamment la présentation d’une justification et, en cas de récidive en l’absence de toute justification, il sera procédé à l’annonce publique du nom du député concerné (ce qui constituera une sorte de réprimande politique), aux côtés des ponctions de salaire.

D’autre part, il a indiqué que la Chambre des représentants ne peut fonctionner comme un établissement ou un organisme professionnel, parce qu’en tant que Chambre de la Nation, elle doit s’ouvrir sur son environnement et être un carrefour des idées, ajoutant qu’il œuvrera à changer les clichés qui ont collé au Parlement comme une institution protocolaire renfermée sur elle-même.

Le grand défi est d’en faire un miroir de la société à travers la promotion de l’interactivité avec le citoyen, dont les préoccupations doivent être au centre des intérêts des députés appelés à apporter des réponses, a-t-il dit, assurant qu’il en fera un objectif stratégique.

Il a, ainsi, déploré l’absence de mécanismes reflétant les débats de société, ce qui empêche la réflexion pour la recherche de solutions à ces interrogations à travers des compromis de part et d’autre servant l’intérêt général, promettant d’accorder un intérêt particulier à ces questions qui seront présentes dans le débat parlementaire et au cœur d’études de haut niveau, en vue de parvenir à des recommandations et à des projets et propositions de loi.

Les innovations de la nouvelle Constitution permettant à la société civile et aux citoyens de contribuer à la production législative convergente vers le même objectif, a-t-il insisté, assurant qu’il sera procédé à la réglementation de cette contribution, tout en s’attendant à une forte adhésion des forces vives de la Nation impliquées dans la dynamique politique.

Le projet de la chaine parlementaire, une priorité des priorités
Pour Ghellab, le dossier de la chaîne parlementaire «n’est pas encore prêt», précisant qu’au stade actuel, il ne s’agit que d’une étude «superficielle et non-exhaustive», dans la mesure où il existe encore plusieurs problématiques inhérentes aux volets institutionnel, pratique et organisationnel.

«Nous sommes parfaitement conscients de l’importance de cette chaîne parlementaire», a-t-il estimé, ajoutant : «En tant qu’ancien ministre, je me rends compte des efforts importants déployés par le député, mais qui demeurent désormais méconnus auprès du citoyen à cause de l’absence d’un tel support médiatique».

Le travail des Commissions et les séances plénières s’avèrent plus importants par rapport à celles consacrées aux questions orales, a-t-il noté, soulignant la nécessité d’assurer leur retransmission afin de permettre au citoyen d’être en mesure de suivre l’action parlementaire.

Une opposition agissante requiert un débat serein
Selon le président de la Chambre des représentants, une opposition agissante suppose un débat serein et constructif. «Nous pouvons nous prononcer sur n’importe quelle question, mais dans le cadre du respect», a-t-il indiqué, rappelant les nouvelles prérogatives dont jouit l’opposition en vertu de la nouvelle Constitution, notamment le droit de présider la Commission de la justice et de la législation qui représente l’une des structures les plus importantes dans les activités parlementaires.

Evoquant le débat houleux suscité lors des séances consacrées à l’élection du président de la Chambre des représentants et de la formation des groupes, Ghellab a réfuté l’idée selon laquelle il aurait cumulé entre la fonction de ministre et de président de la Chambre des représentants.

«J’avais exprimé mon intention de démissionner au cas où je serai élu. D’autant que je n’aurai, à aucun moment, exercé ma fonction de président de la Chambre avant que S.M. le Roi n’eut accédé à ma requête de démission du poste ministériel», a-t-il souligné, précisant que le Conseil constitutionnel demeure désormais la seule Institution habilitée à décider de la constitutionnalité de cette question.

Concernant la formation des groupes, il a signalé que des séances avaient été tenues avec les présidents desdits groupes dans le but de fixer le seuil des députés les constituant, ajoutant qu’il a été convenu d’arrêter leur nombre à 20.

Dans ce sens, il a fait savoir que le groupe du progrès démocratique a présenté une liste de 18 députés, en plus de deux issus de deux autres partis politiques, précisant qu’aucune disposition de la Constitution n’interdit formellement la formation d’un groupe parlementaire par des députés de plusieurs partis.

«Il ne s’agit nullement d’une chose qui s’apparente à la transhumance, dans la mesure où les députés n’ont pas changé leur appartenance politique», a-t-il expliqué.

A propos du parti travailliste, qui a demandé de former un groupe parlementaire, Ghellab a noté que cette demande relève d’un droit constitutionnel et que c’est le règlement intérieur qui définit la manière de constituer les groupes parlementaires, ajoutant que cette question n’est pas encore tranchée.

La diplomatie parlementaire, des positions loin d’une diplomatie de courtoisie ou de reactions
La diplomatie parlementaire, aux yeux de Ghellab, représente le champ d’action dans lequel le politicien peut démontrer son ingéniosité et son habileté à l’opposé du technocrate, estimant que ce genre de diplomatie constitue l’expression des positions de l’opinion publique susceptible d’influer sur des questions importantes.

S’agissant de la diplomatie de l’actuelle Chambre des représentants, Ghellab a estimé qu’elle sera sereine, offensive et prévisionnelle.

«Pour que nous puissions être prévisionnels et offensifs, nous devons être forts, car la diplomatie incarne des positions et requiert une action qui permet aux groupes d’adopter la même opinion», a-t-il relevé, appelant au renforcement des capacités et des moyens afin de conférer à cette action davantage d’efficience.

Par MAP_________

 

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