Kazakhstan: le président Nazarbaïev convoque une présidentielle anticipée

Kazakhstan: le président Nazarbaïev convoque une présidentielle anticipée

254
0
PARTAGER

« En accord avec le point 3-1 de l’article 41 de la Constitution du Kazakhstan, une élection présidentielle anticipée est fixée au 3 avril 2011″, est-il indiqué dans le décret signé par M. Nazarbaïev.
Le président kazakh avait été réélu pour sept ans en décembre 2005, remportant le scrutin avec plus de 91% des voix. Par la suite, une réforme constitutionnelle a réduit le mandat présidentiel à cinq ans tout en levant l’interdiction faite à M. Nazarbaïev de se représenter.
Le chef de l’Etat kazakh, 70 ans, avait annoncé lundi l’organisation d’une élection présidentielle anticipée à une date indéterminée, rejetant la tenue d’un référendum pour prolonger jusqu’en 2020 son mandat comme le souhaitait le Parlement.
Le président kazakh, en poste depuis plus de vingt ans et la période soviétique, avait cependant promis dans un discours à la nation fin janvier qu’il resterait au pouvoir tant que sa santé le lui permettait.
Mercredi, le Parlement, dont tous les sièges sont contrôlés par le parti Nour Otan, dirigé par le chef de l’Etat, a adopté une réforme constitutionnelle autorisant le président à convoquer une présidentielle anticipée dans cette ex-république soviétique d’Asie Centrale regorgeant d’hydrocrabures.
Cette révision de la loi fondamentale faisait suite au rejet par M. Nazarbaïev d’une initiative signée par cinq millions de citoyens, validée par le Parlement, en faveur d’un référendum supprimant les présidentielles de 2012 et 2017 afin de maintenir le chef de l’Etat au pouvoir jusqu’en 2020.
Le pouvoir kazakh a estimé cette semaine que la victoire du président serait écrasante lors du scrutin anticipé.
« Je suis sûr que Noursoultan Nazarbaïev remportera 95,9% des suffrages des électeurs kazakhs », a déclaré un conseiller du président, Ermoukhamet Ertysbaïev, dans un entretien au journal pro-gouvernemental Liter. « Comme la dernière fois, il y aura des tas de candidatures de nains (politiques) qui n’ont absolument aucune chance », selon lui.
Aucune élection au Kazakhstan n’a été reconnue comme libre par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) depuis l’indépendance du pays en 1991.
M. Nazarbaïev et son homologue d’Ouzbékistan, Islam Karimov, sont les deux derniers dirigeants de républiques ex-soviétiques à avoir pris la tête de leurs pays du temps de l’URSS.
En 2010, le président kazakh s’est fait attribuer le titre d’Elbassy (chef de la Nation en kazakh), un statut qui lui confère, à vie, le pouvoir de décider des grandes orientations politiques du pays ainsi qu’une immunité perpétuelle.
La décision de M. Nazarbaïev de ne pas prolonger son mandat par référendum est intervenue après de vives critiques de ses alliés Occidentaux, les Etats-Unis et l’Union européenne.
L’Occident évite généralement de critiquer le Kazakhstan, afin de maintenir ses bonnes relations avec cette puissance pétrolière stratégique encadrée par la Russie et la Chine.
Selon les ONG de défense des droits de l’homme, l’opposition et la presse indépendante sont réprimées, alors que le pays est de facto dirigé par un parti unique depuis les législatives de 2007, lors desquelles Nour Otan a raflé tous les sièges.
AFP

 

 

Commentaires