La Belgique tente de sortir de la plus longue crise de son...

La Belgique tente de sortir de la plus longue crise de son histoire

191
0
PARTAGER

Sept formations francophones et néerlandophones recevront lundi soir une proposition de compromis des mains d’un médiateur nommé par le roi, le socialiste flamand Johann Vande Lanotte.
Ce dernier leur a donné jusqu’à mercredi pour donner une réponse et dire si cela peut à tout le moins constituer une base de reprise du dialogue. Il a évité néanmoins de parler de formule de la dernière chance afin de ne pas risquer le chaos politique en cas de rejet.
« Ce document sera précis, mais il y aura de la marge pour négocier », a indiqué son porte-parole.
Les raisons du blocage sont toujours les mêmes. Les Flamands, aiguillonnés par la victoire retentissante des indépendantistes de la NV-A aux dernières élections législatives de juin 2010, réclament une autonomie nettement renforcée pour leur région, notamment sur le plan fiscal.
Ils demandent aussi la suppression de droits linguistiques spécifiques dont bénéficie la minorité de francophones vivant chez eux.

 

Les francophones veulent limiter les transferts de compétences aux trois régions du royaume (Flandre, Wallonie et Bruxelles) de crainte de vider de sa substance l’Etat fédéral et de faire le lit de la partition du pays en détricotant les mécanismes encore existant de solidarité financière entre le nord et le sud.
Ils exigent aussi des garanties financières pour alimenter les caisses vides de la ville de Bruxelles, très majoritairement francophone.

Selon les indiscrétions parues dans la presse, le document de compromis propose des transferts de compétences vers les régions pour 15 milliards d’euros par an. Cela passerait par une gestion plus autonome de l’impôt sur le revenu, une régionalisation de la politique de l’emploi et des allocations familiales ou encore une communautarisation de la justice.

Cela sera-t-il suffisant pour les Flamands? Toute la Belgique attend de connaître la réponse de la N-VA et de son chef Bart De Wever, qui a récemment qualifié la Belgique de pays « malade de l’Europe » n’ayant « à terme aucun avenir ».
« Bart De Wever veut profiter au maximum de cette conjoncture exceptionnelle » de crise, « son plus grand intérêt est peut-être de démontrer, sans révolution, que le pays est ingouvernable, ce qui est finalement sa thèse », s’est inquiété un responsable politique francophone, Melchior Wathelet.

La Belgique a battu fin décembre le record de sa crise politique la plus longue de son histoire. Elle n’est dotée depuis les élections législatives de juin 2010 que d’un gouvernement chargé de gérer les affaires courantes.
Mais à trop attendre, la Belgique s’expose à une punition des marchés financiers, toujours à l’affût des pays les plus fragiles de la zone euro.
L’agence de notation Standard and Poor’s a prévenu fin 2010 qu’elle dégraderait son évaluation du pays faute de résolution de la crise dans un délai de six mois.
Dans ce contexte, la plupart des politologues belges doutent que la NV-A prenne le risque de provoquer une grave crise avec convocation de nouvelles élections et à la clé une radicalisation accrue des positions.

« Les Flamands, dans leur majorité, continuent à dire: on ne veut pas la fin de l’Etat », juge le politologue Pierre Vercauteren dans le quotidien La Libre Belgique.

Le scénario jugé le plus probable est que les propositions suffiront au moins à faire redémarrer les négociations, mais toujours sans aucune garantie de succès.

AFP

 

Commentaires