La Bourse de Paris prise dans la tourmente de Dexia

La Bourse de Paris prise dans la tourmente de Dexia

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La séance s’annonçait tellement catastrophique que finalement, avec une clôture du Cac 40 à -2,6%, on a presque envie de dire «merci» àM. Bernanke. Bien que rien ne soit réglé en Europe, où de nouveaux développements laissent craindre le pire, la Bourse de Paris termine ainsi loin de ses plus bas du jour (-4%) après les déclarations du président de la Réserve fédérale américaine devant la commission économique mixte du Congrès, qui s’est dit prêt à prendre de nouvelles mesures pour étayer une reprise économique fragile.

Outre-Atlantique, ces anticipations ont permis au S&P500 de revenir à l’équilibre et au Nasdaq Composite de tenter un rebond. Sur le marché des changes, l’effet a été encore plus violent. L’euro est remonté jusqu’à 1,33 dollar après être tombé à 1,3144 ce matin, au plus bas depuis janvier (plus de 1% sépare le point haut actuel de séance du point bas!).

Sans surprise, la séance boursière du jour a été houleuse. Rien de surprenant après que les Européens ont remis «encore» à plus tard une prise de décision difficile, se lamentaient ce matin les économistes de CM-CIC Securities. Alors qu’Athènes a avoué qu’elle ne tiendrait pas les objectifs de déficits fixés en juillet, les Européens, qui poussent la Grèce à prendre des mesures supplémentaires, ont repoussé d’un mois leur décision sur la nouvelle tranche d’aide au pays, prévue le 13 octobre. La République hellénique pourrait finalement tenir financièrement jusqu’à la deuxième semaine de novembre et pas seulement jusque début octobre comme initialement annoncé. D’ailleurs, Athènes a démenti toute discussion au sujet d’un défaut.

L’évocation d’une possible contribution plus élevée des banques au plan de sauvetage à la Grèce est également venue rosser le marché avec, évidemment, une implication directe sur les valorisations boursières des établissements. Crédit Agricole, Société Générale et BNP Paribas terminent en forte baisse. Cette dernière s’avère d’ailleurs être la plus forte contribution à la baisse du Cac 40 ce jour.

Plus marquant encore, à Bruxelles, Dexia a dégringolé de plus de 20% sur des rumeurs de démantèlement de la banque franco-belge, qui a réuni hier soir un conseil d’administration exceptionnel dans le but d’assainir son bilan et résoudre ses problèmes structurels après la décision de Moody’s de placer sa note sous surveillance négative.

Le cas de Dexia s’est évidemment invité à la réunion des ministres européens des finances aujourd’hui à Luxembourg. Pour le ministre des finances belge, il faut «caser» les actifs toxiques de la banque dans une « bad bank ». Une réunion du gouvernement belge se tiendra ce soir. D’ores et déjà, les banques de France et de Belgique ont fait part de leur soutien à Dexia.

A la clôture, le Cac 40 recule de 2,61% à 2.850,55 points dans un volume de 3,46 milliards d’euros échangés. Ailleurs en Europe, le Footsie perd 2,58% à Londres et, à Francfort, le Dax abandonne 2,98%. A New York, le Dow Jones cède 1,17%, le S&P 500 glisse de 0,21% et, en revanche, le Nasdaq Composite progresse de 0,82%. Sur le front du pétrole, le baril de brut de qualité WTI recule de 1,01 dollar à 76,60.

Sur le front des valeurs, Dexia chute de 22,46% à 1,008 euro, après avoir touché un plus bas historique à 0,81. Parmi les autres banques, BNP Paribas dévisse de 5,15% à 27,18 euros, Crédit Agricole 6,50% à 4,702 et Société Générale 4,90% à 18,04.

Plus forte baisse du Cac 40, Lafarge abandonne 8,48% à 23,96 euros à l’image de l’ensemble du secteur européen de la construction qui pâtit de la chute de l’action Cemex à Mexico et à New York et des révisions en baisse des prévisions de croissance en Europe. Saint-Gobain cède pour sa part 5,44% à 27,03 euros.

Hors Cac 40, Arkema abandonne 9,71% à 37,74 euros suite aux avis négatifs sur le secteur de la chimie des courtiers HSBC et Deutsche Bank.

Air France-KLM dégringole de 9,10% à 4,827 euros alors que le directeur de l’Association internationale du transport aérien estime que l’objectif d’un bénéfice de 28 milliards de dollars pour l’ensemble des compagnies en 2012 risque d’être intenable. L’ensemble du secteur aéronautique européen pâtit par ailleurs des rumeurs de faillite d’AMR, maison mère d’American Airlines, dont l’action a chuté de 33% à New York hier soir, avant de reprendre 13% en début de séance mardi. EADS plie pour sa part de 5,21% à 19,83 euros.

Enfin, Bénéteau chute de 7,63% à 9,939 euros alors que Kepler a dégradé le titre du fabricant de bateaux de plaisance de « achat » à « alléger » et ramené son objectif de cours de 11 à 9 euros.

Marjorie Encelot

 

lesechos.fr__________

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