La chute du régime Kadhafi signera-t-elle la fin du séparatisme en Afrique...

La chute du régime Kadhafi signera-t-elle la fin du séparatisme en Afrique ?

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Par Adil Zaari Jabiri

Du Libéria à Madagascar en passant par le Tchad, le Soudan, le Mali, le Botswana, le Lesotho et l’Afrique du Sud, le colonel payait rubis sur l’ongle ses obligés africains qui acceptaient d’écouler ses armes et d’exécuter ses envies belliqueuses. Ce précieux soutien lui a d’ailleurs valu le titre burlesque de « Roi des Rois » du continent meurtri.

L’histoire africaine retiendra également le soutien indéniable du régime Kadhafi au mouvement séparatiste du « polisario » depuis sa création et ses sorties médiatiques plaidant en faveur d’une soi-disant autodétermination et d’un référendum au Sahara que l’ONU et la communauté internationale ont depuis longtemps rejeté comme solution irréaliste et irréalisable. La toute dernière remonte à quelques mois lorsque le colonel déchu soutenait, à tue tête sur une chaîne arabe, le plan Baker et l’option référendaire.

Ce soutien « historique » à un mouvement fantoche, lui a d’ailleurs servi dans ces heures difficiles. A charge de revanche, des centaines de mercenaires du polisario aidés par l’Algérie ont prêté main forte aux forces pro-Kadhafi depuis le début de la révolte. L’aide polisarienne et celle de l’Algérie a d’ailleurs été révélée au grand jour par une source du Conseil national Libyen (CNT) qui a confié que les insurgés ont arrêté récemment quelque 556 mercenaires du polisario, appelés en renfort par les troupes de Kadhafi. Cette information rapportée par le site internet « geotribune.com » fait également état de l’implication directe de l’Algérie dans le soutien des forces de Kadhafi.

+L’Algérie et le polisario au chevet du régime déchu+

Selon « geotribune.com », des documents « particulièrement compromettants pour Alger », auraient été découverts par les combattants libyens dans les locaux de la chancellerie algérienne à Tripoli. Ces documents ont confirmé ce qui était en partie connu: une aide militaire et logistique algérienne à Kadhafi, outre la présence sur le sol libyen de plusieurs centaines de mercenaires du polisario.

La présence de mercenaires du polisario aux côtés du clan Kadhafi avait provoqué, dès le début de l’insurrection, une forte tension entre le CNT et Alger, note le site internet.

En mars déjà, Ali Richi, ancien ministre libyen des migrations qui a par la suite rallié le camp des insurgés, avait dénoncé la présence de mercenaires du polisario aux côtés des troupes de Kadhafi, rappelle le site internet, relevant que des rapports de l’OTAN avaient corroboré cette thèse sur la base de révélations faites par d’anciens responsables libyens qui se sont joints à la rébellion. Le même ancien responsable libyen a affirmé dans une déclaration diffusée, jeudi soir par « Radio Medi 1″, que les insurgés « sont déçus » face à la position d’Alger vis-à-vis de la révolution du 17 février en Libye.

Les positions officielles de certains pays « nous ont fait de la peine et de l’amertume », a-t-il dit.

D’autres déclarations révélatrices des « liaisons dangereuses » entre l’Algérie, le polisario et le régime de Kadhafi sont celles diffusées le même jour par la chaîne de télévision « 2M » du porte-parole militaire du CNT libyen, Ahmed Rabbani qui a dénoncé le soutien de l’Algérie au régime de Kadhafi, faisant part de « manoeuvres dangereuses » de ce pays dans la région et contre le peuple libyen.

Un autre membre du CNT, Abdelmajid Ghait Saif Annasr, a déclaré à la même chaîne que le Maroc prête un précieux soutien au peuple libyen et que « la Libye et le Royaume feront un retour triomphal au sein de l’Union africaine en chassant ce ramassis de mercenaires du polisario ».

La posture de l’Algérie a, d’ailleurs, été vertement critiquée par la presse algérienne, qui parle de « frilosité, myopie et amateurisme » du pouvoir algérien dans la gestion de ce dossier.

La presse algérienne n’a pas manqué de souligner « la position inconfortable » des autorités du pays et de tirer la sonnette d’alarme sur l’isolement d’Alger sur le plan régional.

Cette même presse alourdit le dossier à charge de Kadhafi au Maghreb.

Le journal algérien « Liberté » est même parti plus loin en déplorant dans son édition de jeudi le fait que l’Algérie ait « perdu en Kadhafi un précieux allié dans le dossier du Sahara occidental ».

Si une page sinistre de l’histoire est tournée avec la chute de Kadhafi, qui voulait compenser son échec dans le panarabisme et ses déboires avec l’occident en minant les relations interafricaines, l’Afrique et le Maghreb sont plus que jamais appelés aujourd’hui à faire preuve de réalisme politique et à se pencher sur l’avenir de leurs peuples plutôt que de se focaliser sur des intérêts à courte vue.

 

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