PARTAGER

Au lendemain de la collision entre un car scolaire et un train près de Perpignan qui a causé la mort de cinq enfants, l’enquête se poursuit.

Défaillance technique ou erreur humaine? Les investigations se précisent, vingt-quatre heures après la collision entre un autocar scolaire et un train à Millas, dans les Pyrénées-Orientales. Quatre collégiens ont péri jeudi. Un cinquième enfant, âgé de onze ans, est mort vendredi, a déclaré le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux. Sur les dix-huit personnes blessées, six étaient toujours entre la vie et la mort vendredi soir. Toutes les victimes ont pu être identifiées.

Selon les derniers éléments, le TER a percuté le bus scolaire à 16h03, jeudi. Aucune personne n’a été blessée dans le train qui circulait à 75 km/h sur un tronçon où la vitesse maximale autorisée est de 100 km/h. Dans la cabine se trouvait un stagiaire et le conducteur. Il a été auditionné et ses tests toxicologiques se sont révélés négatifs.

Concernant le bus, la configuration des lieux «exclut une vitesse excessive» du véhicule, assure Xavier Tarabeux. Selon la majorité des témoins auditionnés, les barrières du passage à niveau – qui ont été dégradées et seront analysées – étaient «fermées» au moment de l’impact. Grièvement blessée dans l’accident, la conductrice du car, âgée de 48 ans, n’a pas pu être encore entendue. Les tests d’alcoolémie effectués sur elle se sont révélés négatifs, les résultats sur les stupéfiants ne sont pas encore connus.

De son côté, l’employeur de la conductrice du car scolaire, Christian Faur, a affirmé qu’elle avait «traversé en toute confiance et en toute sérénité le passage à niveau, barrières ouvertes et feu clignotant éteint». Le chef d’entreprise, qui dit avoir vu son employée jeudi soir sur son lit d’hôpital, rapporte ainsi les faits: «Elle s’est engagée sur la voie ferrée tranquillement en pensant que tout allait bien se passer, ce qui malheureusement n’était pas le cas», a-t-il confié à des journalistes sur place. «Notre conductrice était expérimentée. Elle travaille chez nous depuis avril 2017 en contrat à durée indéterminée et nous avons pleine et entière confiance en elle», a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, la SNCF n’a pas tardé à répliquer, se déclarant «choquée par les accusations particulièrement graves qui viennent d’être formulées à son encontre». Les propos du patron de la conductrice du bus scolaire ne contiennent, selon la SNCF, «aucun élément tangible de preuve» et n’auraient qu’«un but purement polémique». «La SNCF s’en remet aux enquêtes en cours. Elle s’interdit toute communication sur les causes de l’accident et continuera à prêter son concours, en toute transparence, à la manifestation de la vérité», précise le communiqué. Jeudi soir, peu après l’accident, la compagnie ferroviaire avait assuré que le passage à niveau avait «fonctionné normalement».

L’enquête judiciaire a été confiée à la SR de Montpellier pour «homicides et blessures involontaires». Outre une enquête de la SNCF, une enquête administrative a été aussi ouverte par le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT).

Commentaires