La contre-façon fait des ravages au Maroc

La contre-façon fait des ravages au Maroc

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D’emblée, il convient de souligner que dans leur grande majorité, les commerçants de Casablanca, Rabat ou Marrakech, n’ont qu’une opinion superficielle de la notion de propriété intellectuelle et que dans leur esprit, il n’y a rien d’illégal à écouler des produits contrefaits sur le marché. Parmi les premières raisons avancées pour expliquer l’explosion de ce marché, ce trouve l’épineuse et incontournable question de la faiblesse du pouvoir d’achat des marocains bien que l’industrie du luxe avec l’avènement du Morocco Mall et de quartiers huppés comme le triangle d’or commence à prendre ses marques officielles avec la multiplication des enseignes franchisées. Et c’est la cherté de ces produits originaux et l’attrait des marques prestigieuses vantées dans les médias qui accentuent ce phénomène en profitant de l’omniprésence de l’informel dans l’économie marocaine et des effets d’une mondialisation effrénée

Considéré comme un pays consommateur de produits contrefaits et non de producteur, le marché de la contre-façon s’est organisé au fil des ans et grignoté des parts de marché considérables. Les secteurs les plus touchés sont dans l’ordre: le textile et la maroquinerie, l’habillement et les pièces de rechange.Ils sont suivis respectivement par les produits pharmaceutiques, électriques, cosmétiques et hygiéniques. Seules les pièces de rechange ont fait l’objet d’une étude approfondie , étude qui fait ressortir que 20 à 30% de ce marché est pris par la contrefaçon. Idem pour les disjoncteurs électriques avec 25% de parts de marché, alors que l’on attend des chiffres officiels pour les autres types de marchandises concernées. En ce qui concerne les origines, c’est la Chine qui occupe la première place avec 55% des contrefaçons, suivi par l’Union européenne avec 12 % et Taiwan avec 10 % sans oublier d’autres pays comme Singapour pour les vêtements de sport et le deuxième pour les pièces de rechange. On notera qu’au niveau mondial, les chinois sont considérés comme les premiers contrefacteurs du monde avec une part de 76 %. Mais il y a d’autres pays qui commencent à rejoindre la liste noire des pays spécialisés dans la contrefaçon comme la Turquie, la Russie et plus récemment l’Italie.

Deux chiffres enfin pour illustrer l’impact négatif de ce phénomène contre lequel il est difficile de lutter à l’échelon mondial: il pèserait plus de 650 milliards de dollars, ce qui représente une perte de l’ordre de 360 milliards de dollars pour le commerce traditionnel mondial. Internet et le commerce en ligne sont venus accentuer l’invasion avec la vente de produits contrefaits. L’inefficacité des régimes de sanctions et la complexité des procédures au niveau international laisse à la contrefaçon de beaux jours encore devant elle.

Jalil Nouri pour actu-maroc.com

 

 

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