La crise de la dette accélère l’Europe à deux vitesses

La crise de la dette accélère l’Europe à deux vitesses

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Illustration de cette tendance croissante: deux sommets des dirigeants européens sont prévus dimanche à Bruxelles. Un premier, dévalorisé, des Vingt-Sept, puis celui des dix-sept pays de la seule zone euro qui comptera vraiment.

Ce n’est pas la première fois que les pays de la zone euro se retrouvent ainsi entre eux au plus haut niveau. Mais ce format, inauguré à l’automne 2008 en France au pic de la crise financière, est appelé à être pérennisé à l’avenir.

Les pays de l’UE non membres de l’Union monétaire sont amers. C’est le cas de la Pologne en particulier qui se retrouve marginalisée au moment où elle assure la présidence tournante de l’UE et a exprimé ouvertement son irritation.

La Commission européenne est, elle, préoccupée par ce qu’elle perçoit comme une tendance grandissante à la gestion « intergouvernementale » de l’Europe par Paris et Berlin, qui marginalise les institutions communautaires et en premier lieu elle-même. En revanche, la France milite en faveur d’une montée en puissance de la zone euro en tant qu’entité à part pour donner corps à son idée de « gouvernement économique ».
« On a de plus en plus une Europe à deux vitesses », résume une source diplomatique française.
« Au sein de l’UE à 27, il y aura un groupe euro qui sera de plus en plus intégré », et dont la Commission européenne va devoir « tenir compte », prévient cette source. « Cela n’interdit pas à ceux qui sont non euro de faire la même chose », ajoute-t-elle.

Pour l’eurodéputé libéral britannique Andrew Duff l’évolution actuelle est dans la logique des choses.
« Le noyau fédéral qui est nécessaire pour sauver l’euro signifie inévitablement une périphérie moins impliquée. Le résultat ne sera pas seulement une Europe à deux vitesses qui existe déjà mais une Europe à deux niveaux » avec une Grande-Bretagne sur le bas côté, dit-il dans une tribune publiée par le Financial Times.

La propension des dirigeants de la zone euro à régler leurs affaires entre eux ne fait pas l’unanimité, au sein même des Etats qui la composent comme les Pays-Bas et la Finlande. Ces deux pays viennent de lancer une mise en garde en estimant que « tous les Etats membres doivent être impliqués dans les décisions » pour préserver la prospérité économique du continent, dans une lettre co-signée par la Suède qui elle ne fait pas partie de l’euro.

A l’inverse, l’Allemagne plaide aujourd’hui pour aller encore de l’avant via une nouvelle réforme des traités, voire un arrangement entre les seuls pays de l’Union monétaire, afin d’en renforcer encore l’intégration et la discipline budgétaire collective.

Une des options également examinées serait de faire sauter la règle de l’unanimité entre les 17, pour accélérer, entre autres, la convergence des politiques fiscales.
Car, au bout du compte, une Europe à deux vitesses vaut mieux qu’une Europe immobile, a avancé récemment le gouverneur de la Banque centrale polonaise, Marek Belka.

L’Union européenne à 27 paraît en effet en panne. Les compromis deviennent difficiles à trouver avec autant de pays et des intérêts de plus en plus divergents.

L’élargissement du bloc ne fait plus recette, des coups de canifs sont donnés à l’espace Schengen de libre-circulation des citoyens et la diplomatie européenne, vendue comme la principale innovation du traité de Lisbonne, demeure toujours dans les limbes.

Pour certains, une zone euro volant de ses propres ailes peut aider à relancer le projet. « L’euro est une formidable machine à maintenir l’Europe dans la course », dit la source diplomatique française.

AFP ________________

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