La crise économique et sociale s’aggrave en Grèce

La crise économique et sociale s’aggrave en Grèce

214
0
PARTAGER

La crise de la dette grecque tourne au psychodrame et à la tragédie. Mardi soir, une commission d’experts du Parlement révélait dans un rapport officiel que l’endettement du pays était «hors de contrôle». Le lendemain, démentis et critiques fusaient, Evangelos Venizélos, le ministre des Finances, ne mâchant pas ses mots, affirmant que ces experts-comptables ne disposaient «ni des connaissances, ni de l’expérience, ni de la responsabilité nécessaire pour juger de la dette»; quelques heures plus tard, la directrice de la commission parlementaire incriminée démissionnait.
Effondrement de la Bourse

Vendredi, un degré supplémentaire a été franchi avec l’annonce surprise de la suspension, pendant dix jours, de la mission engagée en début de semaine à Athènes par les experts de la troïka (Union européenne, BCE et et Fonds monétaire international). Ce départ précipité a provoqué un tollé dans le pays et la Bourse s’est effondrée dès l’ouverture, entraînant les places financières européennes dans son sillage. Le ministre des Finances a tenté de minimiser l’événement: «Il n’y a pas eu de rupture des discussions entre le pays et la troïka», a-t-il assuré. Mais Evangelos Venizélos n’a pas réussi à convaincre, d’autant qu’il a admis, dans la foulée, que «la Grèce ne tiendra pas ses objectifs de réduction du déficit public en 2011 en raison de l’aggravation de la récession dans le pays». Le PIB devrait reculer d’au moins 5% cette année, prévoit désormais le gouvernement, ce qui le conduit mécaniquement à prévoir un déficit de 8,8% du PIB fin 2011, contre une précédente estimation de 7,4%.

C’est un fait, près d’un an et demi après la mise en place du premier plan de rigueur, la Grèce est à nouveau au pied du mur. Les mesures d’austérité ont engendré une forte récession et plombé la croissance, la compétitivité et la production. Le taux de chômage a atteint les 16,6% le mois dernier. «La commission parlementaire avait raison. La dette est vraiment hors de contrôle parce qu’elle ne cesse d’augmenter et continuera sa croissance», analyse Stefanos Manos, ancien ministre des Finances. «Il est désolant de voir que le gouvernement n’a rien fait depuis plusieurs mois. Aucune réforme du système étatique, aucune privatisation, mais seulement l’imposition de taxes et des coupes sur les salaires ! Il y a plus de dépenses publiques qu’en 2009, soit avant la crise, souligne-t-il. Cette fois, il y a urgence, la faillite nous pend au nez. Les dirigeants internationaux doivent taper du pied. Ils devraient refuser d’accorder la sixième tranche du prêt des 110 milliards d’euros accordé à la Grèce si ces mesures ne sont pas appliquées.» C’est probablement le sens du départ de la troïka, qui veut par ce geste spectaculaire mettre la pression sur le gouvernement.

Mais ce jeu de poker menteur lasse les Grecs qui subissent de plein fouet l’austérité. Dernière mesure marquante, l’augmentation de la TVA dans la restauration de 13 à 23%. «Un pas de trop , selon Giorgos Delastik, analyste politique. Les Grecs sont épuisés. Ils pensent surtout que le plan de rigueur appliqué n’est pas la bonne solution pour sauver leur pays de la crise, tout comme pour l’Irlande et le Portugal».

Les grèves et manifestations ne se sont pas fait attendre. Après le métro d’Athènes et le personnel enseignant, les indignés appellent à une grande mobilisation ce soir devant le Parlement. Pour Ilias Iliopoulos, secrétaire général du syndicat des fonctionnaires, les Grecs jouent leur va-tout. «On est au bord d’une explosion sociale», affirme-t-il. «En 2010, pour que le déficit soit réduit de cinq points, les Grecs ont dû faire d’énormes sacrifices. Aujourd’hui, ils ne peuvent plus accepter d’autres mesures ou de nouvelles coupes sur les salaires». Pourtant, la troïka demande 2,5 milliards d’économies d’ici à la fin de l’année. Les autorités craignent désormais d’avoir du mal à contenir la colère des Grecs, qui s’est radicalisée après la pause estivale.

 

lefigaro.fr_________________

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

 

Commentaires