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La Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) a exprimé son « rejet catégorique » des régressions contenues dans le projet du Code de la presse.

Dans un communiqué final, publié à l’issue de sa 7ème Assemblée générale, qui s’est déroulée vendredi dernier à Casablanca, la FMEJ a précisé que ces régressions portent sur l’instauration de nouvelles sanctions qu’elle a qualifiées de « dangereuses », tel le retrait définitif de la carte de presse, la possibilité d’interdiction d’exercice de la profession pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans et l’interdiction de jouir des droits civiques et politiques, voire familiaux.

Il s’agit également d’une éventuelle interdiction de journaux avant même le début de leur procès, de la tentative de transformer le Conseil national de la presse en une instance de durcissement des peines judiciaires et l’insertion de la presse avec ses deux supports écrit et numérique « avec identifiant » dans le Code pénal pour la première fois dans l’histoire du Maroc, en qualifiant certains délits de presse de crimes de droit commun, outre l’omission d’une définition de la diffamation qui ne prend pas en compte le principe de bonne foi.

Selon le communiqué, d’autres régressions sont relevées dans le projet du Code de la presse, entre autres, l’atteinte à l’autonomie du Conseil national de la presse, en prévoyant la présence d’un représentant du gouvernement à ses réunions.

Ainsi, les membres de la FMEJ ont décidé de s’opposer au projet du Code de la presse par tous les moyens possibles, surtout qu’il a été procédé à l’introduction dudit Code dans la procédure législative avant même un consensus avec les professionnels, conformément au discours royal de 2002, affirme la même source et ce, en totale contradiction avec les slogans de l’approche participative. Une telle situation remet en question la volonté d’opérer une véritable réforme en harmonie avec l’esprit de la Constitution de 2011, les standards internationaux en matière de liberté de la presse, l’autorégulation de la profession et les exigences de l’époque.

D’autre part, l’Assemblée générale de la FMEJ a exprimé son inquiétude vis-à-vis des difficultés grandissantes auxquelles fait face la presse (support écrit) au Maroc, dont la diminution de 23 à 17 % de la part des deux supports écrit et numérique de la publicité et celle des ventes de journaux à cause de la lecture gratuite et de la crise mondiale.

En outre, la FMEJ s’est félicitée des efforts déployés en matière de subvention publique des journaux, tout en estimant que l’édification d’une presse forte, responsable et indépendante demeure tributaire de la viabilité d’une entreprise économique autonome.

Par ailleurs, la FMEJ a pris note des résultats de l’étude réalisée par le ministère de la Communication concernant la grille des salaires des journalistes, a rappelé le communiqué, estimant qu’ils sont « les plus élevés au niveau de notre région et des pays similaires ».

L’Assemblée générale a appelé ses organes à poursuivre les négociations relatives à une nouvelle Convention collective et à toutes les formes de renforcement des capacités des journalistes et de l’ensemble des employés des entreprises de presse écrite et électronique. Elle a également exhorté tous ses partenaires, dont les pouvoirs publics, les annonceurs, les sociétés de publicité, les distributeurs et les partenaires sociaux à prendre en compte les conditions difficiles du secteur de la presse au Maroc et à coopérer avec les éditeurs de journaux, au service de ce secteur vital pour la démocratie.

Lors de cette Assemblée générale, la FMEJ a réélu à sa tête Noureddine Miftah pour un troisième mandat.

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