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La plus haute juridiction administrative française a suspendu vendredi un arrêté d’interdiction du burkini pris par une municipalité du littoral méditerranéen, en l’absence de « risques avérés » pour l’ordre public.

Cette décision, saluée par les représentants du culte musulman en France, devrait faire jurisprudence pour la trentaine de communes ayant pris une décision similaire. Le débat autour du bannissement de cette tenue de bain couvrante portée par certaines musulmanes avait suscité d’intenses polémiques en France et à l’étranger.

Les maires à l’origine de ces arrêtés invoquaient des risques de troubles à l’ordre public.

« A Villeneuve-Loubet, aucun élément ne permet de retenir que des risques de trouble à l’ordre public aient résulté de la tenue adoptée en vue de la baignade par certaines personnes », peut-on lire dans un communiqué du Conseil d’Etat.

« En l’absence de tels risques, le maire ne pouvait prendre une mesure interdisant l’accès à la plage et la baignade. »

A l’audience jeudi, l’avocat de Villeneuve-Loubet, François Pinatel, avait assuré que les burkinis y étaient devenus « pléthoriques » avant le 5 août, quand l’arrêté a été pris, et contribuaient à crisper le climat « dans une région fortement éprouvée par les attentats ».

La polémique sur le burkini exacerbe les tensions en France et divise le gouvernement, où deux ministres ont pris leurs distances avec la multiplication des arrêtés d’interdiction, soutenus par le Premier ministre Manuel Valls.

Sans trancher le débat, François Hollande a indirectement évoqué la question jeudi, en appelant tous les citoyens à « se conformer aux règles », sans « provocation ni stigmatisation ».

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