LA MODE DES BABY-SITTERS PHILIPPINES AU MAROC

LA MODE DES BABY-SITTERS PHILIPPINES AU MAROC

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Par centaines en effet, ces honorables familles qui ont préféré fêter l’Aid El Adha dans les hôtels, étaient accompagnées de ces aides venues d’ailleurs dont on se demande comment elles parviennent à se faire comprendre par leurs employeurs et comment elles peuvent communiquer avec les enfants dont elles ont la charge. A les entendre, on devine qu’il s’agit la plupart du temps d’un mélange de plusieurs langues ou du moins bribes de langage en français, anglais, espagnol et accessoirement en arabe dialectal. Un mix déroutant mais qui apparemment et malgré tout a ses nombreux adeptes. Car ne pas avoir sa nurse philippine et ne pas la montrer vous relègue tout bonnement au rang inférieur à ses sphères privilégiées au sein desquelles on semble s’être donné le mot. En fait, ce personnel ne coûte pas une fortune et est rémunéré un peu plus que le Smig mais fait un peu plus distingué que s’il s’agissait d’une baby-sitter marocaine.

Cette mode qui date de plusieurs années déjà a été importé des pays du Golfe par des familles qui y ont séjourné. Devant des problèmes de maltraitance et d’exploitation ainsi qu’un système judiciaire peu regardant sur les abus commis part les ressortissants de ses pays, de nombreux employés de maison originaires de pays asiatiques, se sont retrouvés, grâce au système du bouche à oreille, au service de familles marocaines qu’ils jugent plus accueillantes que celles des pays du Golfe et surtout peu susceptibles de faire subir des violences ou des mauvais traitements à leur personnel. Ceci reste à vérifier car de nombreuses plaintes ont été enregistrées dans les tribunaux de Rabat et Casablanca par des philippines qui ne connaissent pas la législation du pays , qui se sont retrouvées privées de leurs droits élémentaires quand elles ne se sont pas vues privées de leurs revenus et leur passeport confisqué. Ces différents cas ont vite été étouffés et les recrutements continuent de plus belle notamment dans les secteurs des salons de beauté et de remise en forme où l’on retrouve également beaucoup de jeunes philippines.

Toute cette main d’œuvre travaille à la dure à longueur d’année afin d’économiser un pécule arraché à la sueur du front qu’elle envoie à la famille restée au pays. Un pays lointain qu’elle ne revoie que tous les quatre à cinq ans vu le coût élevé du billet d’avion. Une vraie communauté de philippines s’est d’ailleurs constituée au Maroc, surtout à Rabat et Casablanca. Les familles aisées marocaines semblent avoir trouvé là, un moyen de se distinguer et de le montrer dès que l’occasion se présente. 

Jalil Nouri pour actu-maroc.com __________________________

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