La musique spirituelle marocaine résonne au Grand Ramdam de Paris

La musique spirituelle marocaine résonne au Grand Ramdam de Paris

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Par Amal Tazi

A l’instar de sa première édition, le festival parisien qui se veut « un prolongement de l’été en cette période de Ramadan », a attiré des milliers de spectateurs venus découvrir ou redécouvrir la richesse d’une musique révélatrice d’une culture aux mille facettes, entre la profondeur de ses rituels traditionnels et l’exubérance de sa chanson de variété.

A l’origine de cette initiative, le ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand, se veut déterminé à perpétuer « cette tradition » lancée avec un seul mot d’ordre: « partage et échange ».

« L’objectif est de mettre en avant l’aspect festif et du partage du Ramadan, dans un pays, la France, qui respecte toutes les religions », a-t-il confié à la MAP, en marge du festival.

L’idée est de faire venir des groupes de toute la Méditerranée pour chanter ensemble « dans ce milieu magnifique du Parc de la Villette », a-t-il souligné en se disant ravi qu’un public assez nombreux ait répondu présent à ce rendez-vous, « malgré les caprices de la météo ».

S’agissant de la participation marocaine, le ministre a indiqué que si celle-ci a été réduite cette année à un seul groupe, l’ensemble marocain de musique soufie Rouh « qui a assuré quand même l’ouverture du festival », c’est par rapport à la conjoncture qui a voulu que l’on dédie cette édition à la Tunisie et à l’Egypte pour « rendre hommage à la lutte de leurs peuples pour la démocratie ».

« Le Maroc a pris un autre chemin beaucoup plus tranquille. Je me suis rendu récemment à la ville de Marrakech à l’occasion de la commémoration du 10-ème anniversaire de l’inscription de la place Jemaâ El Fna au Patrimoine oral et immatériel de l’Humanité par l’Unesco, et j’ai été frappé par le fait que le Maroc continue à avancer comme toujours calmement et paisiblement », a-t-il dit.

Globalement, il a assuré que son ministère a toujours été soucieux d’associer les artistes marocains dans les différentes manifestations culturelles qui se déroulent en France, promettant d’ores et déjà un renforcement de la participation marocaine lors de la prochaine édition du Grand Ramdam.

Il espère notamment faire revenir son groupe préféré Nass El Ghiwan qui a fait un tabac lors de la première édition.

A cet effet, M. Mitterrand peut parfaitement compter sur le directeur artistique du festival, Alain Weber, « très admiratif » du mouvement artistique national, de son authenticité et de sa diversité.

« Le Maroc a toujours eu cette capacité de maintenir ses traditions et d’en être fier tout en s’inscrivant dans la modernité », a déclaré M. Weber à la MAP.

Selon lui, le monde urbain a souvent tendance à rejeter le monde paysan alors que « c’est celui-ci qui conserve le patrimoine d’un pays ».

Il s’est félicité à cet égard de l’importance accordée par le Maroc, en particulier, à la culture berbère et aux musiques sacrées qu’il oeuvre à promouvoir en France.

C’est dans ce cadre qu’il a invité pour cette édition du Grand Ramdam le groupe de musique soufie « Rouh » de Meknès, révélé en juin dernier lors du Festival de Fès des musiques sacrées du monde dont il assure également la direction artistique.

Il s’est dit impressionné par l’initiative du groupe d’intégrer des couplets en français dans son concert au Grand Ramdam, très appréciée par le public, composé de membres de la communauté maghrébine en France et de leurs amis français.

« Dans ce mois sacré du Ramadan, nous avons voulu adresser au peuple français et européen un message de paix qui est l’une des principales valeurs de l’Islam », a expliqué à la MAP le leader du groupe Yassine Habibi.

Composé de plusieurs professeurs de musique et d’une chorale de haut niveau, le groupe travaille sur un mélange de musique du monde dans un cadre traditionnel qui sauvegarde les particularités du patrimoine marocain, maghrébin et arabe.

Son objectif est de contribuer au rayonnement international de la musique sacrée et spirituelle marocaine tout en lui redonnant un nouveau souffle en puisant dans le patrimoine marocain riche, et aussi en intégrant des styles étrangers.

Il cherche également à fusionner des styles musicaux locaux, comme « Gnawa » et « Aissaoua », tout en en gardant l’authenticité marocaine.

Outre le chant soufi marocain, les visiteurs ont pu admirer, entre autres, le malouf tunisien par Zied Gharsa et son ensemble, la danse de la Tanoura avec la formation égyptienne « Les Musiciens du Nil », la nouvelle chanson kabyle aux accents folk-rock d’Ali Amrane, ainsi que les performances des icônes de la musique Rai en France, Cheb Khaled, Cheb Faudel et Rachid Taha qui ont enflammé la scène.

Comme l’année dernière, l’ensemble de ces concerts, tenus en plein air, au bord du canal du parc de la Villette, ou dans la salle des concerts de la Cité de la musique, ont été retransmis en direct sur la chaîne de télévision France O, partenaire du festival.

Coïncidant avec le mois sacré du Ramadan, le Grand Ramdam a donné l’occasion au public de se réunir dans une ambiance de convivialité et de partage.

Une pause a été notamment marquée au moment de rupture du jeûne où des bénévoles ont distribué aux spectateurs des dattes et du thé à la menthe.

 

MAP__________________________

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