La nouvelle Douma siège, l’opposition annonce une manifestation

La nouvelle Douma siège, l’opposition annonce une manifestation

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Plusieurs partis représentés au Parlement ont dénoncé des fraudes massives. Le chef du parti communiste Guennadi Ziouganov a affirmé, par exemple, que ces dernières législatives avaient été les élections les plus sales des vingt dernières années, mais il sera présent dans l’hémicycle.

Cette position complique la tâche des protestataires de la rue qui estiment que cette Douma n’est pas légitime, selon le directeur du centre de l’information politique de Moscou. Pour Aleksei Moukhine, « le problème réside dans le fait que l’opposition parlementaire ne s’est pas positionnée contre cette Douma. L’opposition a préféré s’occuper de la répartition des présidences de commissions et a ainsi fait abstraction de ce processus de délégitimisation de la Douma d’Etat que porte la rue. Les manifestants de la rue, qui n’ont pas obtenu de soutien à l’intérieur de la Douma, se sont retrouvés coupés de la possibilité d’exiger de nouvelles élections, ou de changer la physionomie de la Douma. En fait, la Douma n’a pas voulu, changer ».

La Douma nouvelle version, ne se distingue pas beaucoup de la précédente. Ce sont toujours les quatre mêmes partis qui siègent. La répartition des mandats est quelque peu différente.

Les dernières législatives ont vu la victoire du parti de Vladimir Poutine, avec une majorité simple et non plus avec la majorité des deux tiers. Les députés de Russie unie vont occuper un peu moins de sièges. Ils en avaient, jusque-là, 315 sur 450 ; ils n’en n’ont plus que 238. Les communistes constituent la deuxième force du Parlement avec 92 mandats, viennent ensuite Russie juste, 64 sièges, et les nationalistes libéraux démocrates, 56 sièges.

Selon Mikhail Dmitriev du centre de recherches stratégiques à Moscou, « cette Douma ne se distingue pas de la précédente, puisque Russie unie contrôle toujours la majorité. Bien sûr, cette Douma sera le théâtre de davantage de discussions, parce que tout le monde comprend que Russie unie a acquis la majorité d’une façon malhonnête. Mais malgré cela, la composition de cette Douma n’incite pas à l’optimisme ceux qui attendent de sa part un changement radical de comportement ».

La chambre basse du Parlement russe offre toutefois de nouveaux visages, en particulier dans les rangs de Russie unie. Le parti de Vladimir Poutine a recruté des personnalités diverses et notamment plusieurs acteurs, parmi lesquels une jeune femme, qui tient le premier rôle dans une série télévisée et qui a fait la couverture de la version russe du magazine Playboy. L’ancien numéro 1 mondial de tennis Marat Safin a, lui aussi, été élu député de Russie unie. Le politologue Mikhail Deliaguine est persuadé que la présence de personnalités du monde du spectacle ou du sport ne perturbera pas le travail de la Douma, dans la mesure où cette institution ne joue, le plus souvent, que le rôle d’une chambre d’enregistrement. « Si la Douma prenaient des décisions, cela ne serait pas sérieux, explique Mikhail Deliaguine, mais la Douma ne prend pas de décisions. Elle les entérine. La Douma c’est une publicité. C’est une publicité pour la démocratie souveraine. Et la publicité, elle est faite par de belles jeunes filles ou par de beaux garçons robustes. La Douma joue un rôle décoratif pour l’administration du président, qui fait ce qu’elle veut », conclue le politologue.

Dans ce contexte, l’opposition, qui manifeste depuis les élections du 4 décembre 2011, a-t-elle des chances d’obtenir des avancées ?

Cela dépendra de sa capacité à mobiliser et à rassembler, car, pour le moment, les manifestants représentent des tendances très variées, des nationalistes aux libéraux en passant par une grande majorité d’apolitiques. « Aujourd’hui, ces gens ne sont pas représentés dans le spectre politique, explique Mikhail Dmitriev. Beaucoup d’entre eux ont été obligés, par exemple, de voter pour les communistes, qui ne défendent pas leurs intérêts. La question-clé est de savoir comment ces gens vont pouvoir s’organiser dans les mois qui viennent. Ils sont devenus actifs politiquement, mais cela ne s’est pas traduit par l’émergence d’une organisation politique qui les représente », précise Mikhail Dmitriev.

La manifestation du samedi 24 décembre donnera un nouvel aperçu de l’ampleur de la contestation, des aspirations des protestataires et de l’état des forces en présence.

 

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