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Le 4 décembre prochain, le monde de la littérature assistera  à la remise du Prix Marguerite Yourcenar à Annie Ernaux. L’auteure de  La Place, et de bien d’autres magnifiques textes, sera saluée pour l’occasion, pour son long parcours littéraire, qui rappelle en quelque sorte celui de George Sand : la grande figure de la littérature du 19 ème siècle.

Après son excellent parcours estudiantin à l’Université de Rouen, Annie Ernaux décroche le C.A.P.E.S. et devient agrégée en lettres modernes.

Mais le métier de l’écrivain passionne tellement l’auteure, qu’elle finisse par abandonner l’enseignement, au début des années 70.  En fait, en 1974 elle débute sa carrière, en tant qu’écrivaine, en publiant son premier roman : Les Armoires vides.

Postérieurement, elle engage sa plume pour servir la question féminine. C’est ainsi qu’elle aborde le thème de son avortement illégal, dans son roman intitulé : L’évènement. Son roman L’usage de la photo se focalise sur l’histoire de son  cancer du sein, et sur toute la souffrance qui en découle. Néanmoins, l’écriture autobiographique demeure, son principal moyen pour s’exprimer. Rappelons- le, qu’en 1984 : La Place, son œuvre autobiographique remporte le prix Renaudot.

Son investissement dans le roman autobiographique qui se veut  être le miroir de la réalité pousse la critique à considérer son écriture comme étant assez violente. Mais Annie Ernaux est incorrigible. Elle, qui affirme dans l’une de ses interview : « Je ne pensais qu’à désobéir ». Chose qui souligne fort bien, la révolte de l’écrivaine.

Une révolte qui nous renvoie en quelque sorte, à la grande figure du féminisme : George Sand. En fait, les deux femmes ont maints points communs. Les deux écrivaines s’intéressent à la classe sociale incluant l’univers paysan et ouvrier. Leur répugnance commune vis-à vis mariage est aussi à mettre sur le compte de leur affinité. Pourtant, le lien le plus fort qui relient ces deux plumes, c’est bien leur volonté d’améliorer le statut de la femme, chacune à sa façon bien sûr, mais tout en gardant le même objectif : bouleverser le statut féminin. Toutefois, on pourrait dire que leur but suprême c’est ; de s’engager pour servir leur société. Car «Écrire la vie en se tenant au plus près de la réalité, sans inventer ni transfigurer, c’est l’inscrire dans une forme, des phrases, des mots. C’est s’engager », affirme Annie Ernaux.

Que ça soit la défense de la cause féminine, ou à plus grande échelle : la cause sociale, l’œuvre entière de Annie Ernaux mérite d’être saluée. L’auteure recevra le lundi 4 décembre 2017, pour l’ensemble de son œuvre,  le Prix Marguerite Yourcenar, attribué par la Scam : Société civile des auteurs multimédia.

Par Ikram Chemlali

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