La réplique de Najat Belkacem à ses détracteurs

La réplique de Najat Belkacem à ses détracteurs

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LE SCAN POLITIQUE – Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy, François Bayrou… Interrogée sur Europe 1 et iTélé, la ministre de l’Éducation a contre-attaqué face aux principales figures de la fronde contre sa réforme du collège.

 Marquer sa détermination, coûte que coûte. Oui, malgré les critiques et les polémiques, la réforme du collège s’appliquera bien comme prévu à la rentrée 2016, a confirmé dimanche matin Najat Vallaud-Belkacem. Invitée du Grand Rendez-Vous Europe1-Le Monde-iTélé, la ministre de l’Éducation a voulu déminer la fronde qui s’intensifie contre sa réforme, à deux jours d’une grève nationale des enseignants.

Pédagogie, donc, mais aussi contre-attaque contre ceux qui, à droite, ont fait entendre leur voix contre son projet de réforme. Comme elle l’avait déjà fait, la ministre les accuse de «manipulation» de «malhonnêteté intellectuelle» et «d’enfumage». «J’ai un regret, c’est la tournure des débats, je trouve que l’école est un sujet tellement sérieux, tellement grave qu’on n’a pas le droit à se laisser aller à des débats faits de rumeurs et de contre-vérités», assure-t-elle.

Avant de cibler nommément ses adversaires. Comme François Bayrou, qui a qualifié de «démolition» la réforme contestée de la ministre. Elle réplique en attaquant le bilan de son prédécesseur au ministère de l’Éducation. «Les seules réformes consensuelles sont celles qu’on laisse dans les tiroirs. Un certain nombre de responsables politiques qui s’expriment contre la réforme, je pense à François Bayrou par exemple, ont été très généreux avec les tiroirs, beaucoup moins généreux avec l’avenir de nos enfants».

Bruno Le Maire, ensuite. Le député de l’Eure, en pointe dans la fronde contre la réforme à l’UMP, avait proposé d’en débattre avec Manuel Valls. «Le niveau de Najat Vallaud-Belkacem n’est pas en cause. Je veux en débattre avec le premier ministre, c’est tout», avait-il indiqué cette semaine. La ministre a visiblement moyennement apprécié et se dit prête à débattre elle-même contre son détracteur. «Je suis totalement disposée à débattre avec Bruno Le Maire. Parce qu’il faut que le masque tombe», assure-t-elle, attaquant les contre-propositions présentées ce samedi par le député. «Bruno Le Maire ne propose pas d’initier tous les collégiens au latin et au grec, il propose d’en initier seulement quelques-uns. Il veut distinguer dès l’âge de 11 ans les enfants qui apprendront les humanités et ceux qui apprendront la mécanique», tacle-t-elle.

En fin d’émission, Najat-Vallaud Belkacem s’en est prise à Nicolas Sarkozy, qui avait pointé en meeting sa «médiocrité». «Sur ces sujets d’éducation, il est totalement démonétisé (…) A chaque fois que Nicolas Sarkozy prend la parole, il abaisse le niveau du débat dans ce pays», assure la ministre de l’Éducation. Alors que l’ancien président de la République a qualifié samedi son successeur de «poids mort pour la France», elle réplique: «S’il y a un poids mort, c’est celui du bilan qu’il a laissé. Nous sommes encore en train de mener les réformes pour redresser la France.»

Source : lefigaro.fr

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