PARTAGER

Une Approche  d’Économie  Circulaire  pour  la  Conservation  de  l’Agro-biodiversité  dans  la région  du  Souss-Massa

Du 20 au 24 octobre s’est tenu un  Eductour 2017, » La Route du miel » dans le cadre d’un projet d’Economie  Circulaire  pour  la  Conservation  de  l’Agro-biodiversité  dans  la région  du  Souss-Massa.
Moha Haddouch, le coordonnateur national du projet, explique avec amples détails:
《Dans  le  cadre  de  la  coopération  entre  le  Royaume  du  Maroc  et  le  PNUD,  le  projet «Une Approche  d’Économie  Circulaire  pour  la  Conservation  de  l’Agro-biodiversité  dans  la région  du  Souss-Massa  au Maroc  »  est mis en œuvre de puis 2014 par l’Agence pour le Développement Agricole (MAPM) avec le soutien du PNUD et la contribution de plusieurs partenaires nationaux et internationaux pour la  conservation  de  l’agro-biodiversité dans le Région de Souss-Massa (SM).
L’objectif spécifique de ce projet est d’introduire le paiement pour les Services Ecosystémiques  (PSE)  en  tant  que  mécanisme  innovant  pour  inverser  la  perte  de  la dégradation  de  l’écosystème  Arganier.
Le diagnostic participatif réalisé au niveau des écosystèmes de la réserve de biosphère de l’arganeraie a permis de recommander deux solutions portant sur la récompense des efforts d’aménagement des terrassettes agricoles en zones de montagnes et la compensation des efforts de préservation du capital naturel et culturel pour un usage écotouristique.
A ce titre, et suite au succès connu lors de l’eductour 2016, le projet EC-SM  a inscrit dans son plan de travail de 2017 l’organisation d’une seconde version de cet éductour Agro-écotourisme en partenariat avec le Réseau de Développement Touristique Rural (RDTR) et l’Association du Pays d’Accueil Touristique des Ida Outanane (APATI) afin d’intégrer un mécanisme innovant  «PSE» dans le tourisme le long du circuit de la route du miel comme instrument de préservation du patrimoine naturel et culturel.
D’autres partenaires dont notamment l’Office National Marocain du Tourisme et la SMIT ont été impliqués dans la préparation de cet événement.》explique  en détails Moha Haddouch , le coordonnateur national du projet.

Il faut créer des conservatoires de l’abeille pour conserver l’abeille jaune saharienne

Cet Eductour, labellisé lors de la COP 22, s’est tenu du 20 au 24  octobre 2017 et a été couvert par des professionnels internationaux spécialisés dans le voyage de nature, les mass médias nationaux et internationaux représentatifs des principaux pays émetteurs ainsi que des experts dans le domaine de la durabilité environnementale .
Le choix du circuit sur la route du miel est dicté par la beauté de ses paysages naturels considéré être la première condition d’attractivité des touristes dans la région et qui attire aujourd’hui pas moins de 50 000 touristes par an.
Au cours de cet Eductour,  il a été question d’ élaborer un plan de gestion du rucher traditionnel d’Inzerki à travers la caractérisation des services éco systémiques de pollinisation des abeilles ( Evaluation de l’importance et de l’évolution de l’apiculture, la cartographie des principales espèces spontanées et cultivées, l’identification des circuits de transhumance, le recensement des risques potentiels de pesticides associés aux services de pollinisation ou autres et proposer des mesures appropriées pour le contrôle de leurs impacts, l’évaluation de l’importance des principales espèces dépendant de la pollinisation , l’analyse institutionnelle pour  identifier les principaux acteurs économiques potentiels ayant un intérêt dans la gestion des services de pollinisation de ces colonies d’abeilles d’Inzerki ainsi que l’évaluation de leur consentement à payer pour ces services de pollinisation.
Le plan de gestion comporte un plan de culture et de reboisement assurant une couverture en espèces  mellifères durant toute l’année,  un projet pour l’aménagement hydro-agricole du secteur d’irrigation d’Inzerki répondant aux exigences du plan de culture et de reboisement proposé, un guide de bonnes pratiques agricoles et apicoles permettant de mieux contrôler les risques des pesticides, un mode de conduite du rucher traditionnel pour assurer sa conservation et sa gestion durable et enfin un  schéma de paiements pour les services de pollinisation basé sur l’écotourisme au sein du circuit de la route du miel pour la préservation des habitats des abeilles et la conservation du savoir faire traditionnel d’apiculture et de gestion du rucher.
L’importance de la pollinisation est d’une extrêmement vitale en tant que service écosystèmes , car sans cela 75 pour cent des fleurs et des plantes ne pourraient plus se reproduire.
En effet,  sans pollinisation plus de fruits ni de légumes d’où l’importance des abeilles.
La diversité génétique des abeilles domestiques et sauvages aide à avoir de meilleurs rendements et une meilleure qualité de produits agricoles à condition de sauvegarder la biodiversite où elles vivent.

L’apiculture est l’une des plus anciennes activités traditionnelle de l’humanité

Quant à Francis MOUREAU, Président de la société d’apiculture des Deux-Ourthes de Belgique , il estime que :
《 En tant qu’apiculteur belge actif dans la Province de Luxembourg, à 450 mètres d’altitude, je suis particulièrement attaché au respect de la nature. J’ai créé une école et j’y enseigne chaque année l’apiculture et ses secrets, à 25 étudiants passionnés. Je suis administrateur et conseiller scientifique d’une Association internationale active dans l’audio-visuel ce qui m’a permis d’explorer le Grand-Duché de Luxembourg, la France, la Corse, la Tunisie… et maintenant le Maroc.
Les difficultés rencontrées par le monde apicole dans ces différents pays sont souvent identiques.  Il est donc intéressant de confronter les expériences respectives. Soucieux de communiquer toujours plus avec le monde connecté, une page Facebook « Apiculture TV » a été créé et elle connait un franc succès.  J’attends de ce voyage de pouvoir nouer des contacts fructueux avec les participants et les organisateurs.
La région de Sous-Massa-Draa est exceptionnelle à plus d’un titre. Le rucher de Tamart ou-Guerram Inzerki,  créé en 1850 sur base des ruchers berbères millénaires, est un musée à ciel ouvert qui sera bientôt consacré à l’éco-tourisme. Il faut féliciter les autorités marocaines qui s’attachent à la préservation des traditions sur ce site unique au monde.
La flore très spécifique du sud Maroc nourrit les abeilles avec les Orangers, les Arganiers, les Euphorbes, le Thym, les Arbousiers, les Jujubiers, etc… ce qui donne des miels mono floraux exceptionnels très recherchés par les touristes.  Si les techniques apicoles traditionnelles sont les signes d’une culture ancestrale qu’il faut essayer de maintenir, il est tout aussi nécessaire  de valoriser intelligemment la production des apiculteurs. Le recours aux ruches modernes, l’amélioration des techniques, et les bonnes pratiques apicoles, sont essentiels  pour la pollinisation des cultures. Une bonne gestion des pesticides est obligatoire. La conservation de l’abeille indigène, Apis mellifera sahariensis, devrait pâtir le moins possible des transhumances.
Sur le terrain, l’éducation des apiculteurs réunis en coopérative devrait permettre de structurer le secteur. En parallèle, le gouvernement s’est engagé à privilégier l’économie circulaire et à inscrire la protection de l’environnement de façon transversale dans les autres politiques, afin de créer un développement durable qui profitera aux nouvelles générations . Pour conclure , il est vital et urgent de créer des conservatoires de l’abeille pour conserver l’abeille jaune saharienne
》conclut Francis MOUREAU.
Il faut savoir également que les  fruits et légumes produits sans pollinisation ont une teneur inférieure en minéraux en vitamine hydrosolubles. cette pollinisation peut également se faire  par le vent ou par les insectes.Ainsi certaines  variétés traditionnelles de tomates ont énormément besoin de pollinisation par les insectes.

Hafid Fassi Fihri

Commentaires