La sécheresse, un mal qui hante constamment la communauté pastorale

La sécheresse, un mal qui hante constamment la communauté pastorale

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Par Hamid Aqerrout

Dadea, qui élève du bétail pour nourrir sa famille, a indiqué que le changement climatique a fait que les conditions météorologiques sont devenues de plus en plus extrêmes ces derniers temps. En conséquence, les gens, comme elle, ont moins de temps pour se préparer à la sécheresse, sachant qu’il leur faut des mois pour conserver l’eau dans les zones arides.

Compte tenu de la longue distance entre le domicile et le marché (150 km), a-t-elle dit, le bétail meurt en route, à cause de la soif ou des animaux sauvages qui attaquent le cheptel. Et d’expliquer que comme le bétail est affaibli et incapable de produire du lait, sa valeur marchande diminue et les éleveurs ont moins de revenus pour acheter de la nourriture.

« Les familles se trouvent dans l’obligation de sauter des repas, contracter des dettes pour acheter des vivres et retirer leurs enfants de l’école parce qu’elles sont forcées de migrer avec leurs troupeaux à la quête de l’eau », a-t-elle dit à la MAP.

Jatane Dadea affirme, néanmoins, que la crainte de la sécheresse n’a pas empêché les femmes de travailler. « Nous mettons à profit nos compétences pour économiser l’eau, préserver le commerce et gagner notre vie », a-t-elle affirmé, soulignant que l’utilisation des téléphones mobiles les a beaucoup aidé pour coordonner les ventes de bétail, au lieu de parcourir de longues distances vers le marché.

Elle a dit que pour la lutte contre les conditions difficiles de la vie, les communautés pastorales ont fait appel à d’autres pratiques que l’élevage comme la combustion du charbon et la cueillette de l’herbe sèche pour construire des maisons.

REPONSE TARDIVE DU GOUVERNEMENT FACE A LA SECHERESSE

« L’industrie pastorale reçoit ici peu du soutien du gouvernement pendant les périodes fastes, mais au cours de ces périodes de sécheresse sévère, le soutien est encore de plus en plus rare », a déploré Jatane Dadea.

Le mois dernier, ASAL, un groupe d’organisations non gouvernementales a vivement dénoncé la réponse tardive du gouvernement qui a reconnu sa lenteur à fournir une aide urgente aux familles sinistrées qui souffrent du manque de nourriture et d’eau, alors que le manque patent de ressources a déjà conduit à des conflits dans certaines régions cruellement affectées par la sécheresse.

Des ONG ont récemment mis en garde que 22 millions têtes de bétail sont en danger, plus de 2,5 millions de personnes sont menacées de la famine dans le pays et qu’au moins 2,5 millions d’autres ont besoin d’aide alimentaire, à cause de la sécheresse qui sévit dans les zones arides et semis arides et qui est encore susceptible de s’aggraver dans les mois à venir.

Elles ont exhorté le gouvernement à venir en aide au secteur de l’élevage, qui contribue pour 12 pc au PIB du pays et emploie 15 pc de la main d’Âœuvre, alors qu’il ne reçoit qu’un pc du budget national.

Dans ce même ordre d’idées, le ministre d’Etat pour le développement du Nord du Kenya, Mohamed Elmi a récemment qualifié d' »inacceptable » la réponse tardive et non coordonnée du gouvernement pour alléger les effets de la sécheresse, puisque, a-t-il dit, le Kenya dispose d’un système bien développé d’alerte précoce et de plans d’urgence établis dans 23 districts arides et semi-arides qui sont coordonnés par des structures au niveau national.

Néanmoins, a-t-il déploré, le système souffre de deux problèmes majeurs : le manque de coordination et de ressources financières.

En réponse à ces problèmes, le ministre a déclaré que son département a proposé la création d’une Autorité nationale de gestion de la sécheresse et d’un Fonds national de la sécheresse.

MOBILISATION DURABLE DES MOYENS DE SUBSISTANCE

De son côté, le Sous-secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, Mme Valery Amos avait affirmé, lors d’une visite à Nairobi, qu’afin d’aider les communautés à surmonter les catastrophes induites par les changements climatiques, le Kenya doit investir dans des programmes à long terme.

« La réduction de l’impact humanitaire de la sécheresse passe inéluctablement par la mobilisation durable des moyens de subsistance et la restauration des mécanismes locaux d’adaptation », a-t-elle dit.

Evoquant les menaces actuelles de l’insécurité alimentaire dans le pays, la responsable onusienne a recommandé une panoplie de mesures, notamment l’utilisation des terres irrigables du pays pour fournir l’eau en période de sécheresse au lieu de dépendre de l’agriculture pluviale, le soutien de la production pastorale et de l’élevage par la fourniture d’eau, la création de zones exemptes de maladies, l’amélioration des services de reproduction et la promotion d’un système efficace de commercialisation.

Conscient de l’importance du défi à relever, le gouvernement kenyan a récemment décidé de lancer, en collaboration avec des partenaires internationaux de développement, un programme de plusieurs milliards de shillings pour lutter contre l’insécurité alimentaire dans les régions arides et semi-arides du pays.

Le programme devra non seulement proposer des mesures à long terme pour atténuer les aléas de la sécheresse et des inondations dans les zones écologiquement fragiles, mais aussi accélérer les initiatives de développement, grâce à des investissements dans les infrastructures.

 

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