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Le durcissement annoncé par les syndicats sur le débat houleux concernant la réforme des retraites proposée par le gouvernement s’est illustré à l’entame des premières discussions sur ce texte qui risque d’être bloqué à tout moment.
Engagés dans une épreuve de force avec le premier ministre Abdelilah benkirane qui doit déborder du cadre des négociations pour se prolonger dans la rue au cours d’un programme de manifestations et de sit-in étalés sur les trois prochains mois, les syndicats multiplient les signes de leur détermination et leur résistance face à ce projet qui risque de couter cher aux islamistes lors des prochaines élections législatives de par son côté anti-populaire par définition. Qu’à cela ne tienne, le chef du gouvernement a d’ores et déjà annoncé, pour répondre à leur détermination à bloquer le texte, qu’il ne se départira pas de sa fermeté à son tour et qu’il fera voter la réforme par sa coalition, majoritaire au parlement, même si cela doit lui valoir son poste.
La classe politique qui suit avec curiosité ce bras de fer est convaincue, elle, que ce projet est trop sensible et porteur des germes d’une flambée sociale pour un passage en force du texte au parlement et qu’il est appelé à être mis aux oubliettes.
Le plus inquiétant est que Benkirane risque d’être lâché dans cette aventure par ses alliés au sein du gouvernement qui souhaitent avant tout préserver leurs intérêts en prévision des élections du mois d’octobre.

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